Un congrès de pédiatres ne saurait se tenir sans accorder une large part à la nutrition. Le récent congrès national de la société française de pédiatrie (Rouen, 13-16 juin 2007) n’a pas fait exception. Nutrinews en a rapporté quelques flashes.

Enfant obèse, adulte malade

Entre 1960 et 2000, le surpoids et l’obésité infantiles ont quadruplé. Aujourd’hui, même
si l’on observe une stabilisation, il y a quand même autour de 15% d’enfants en excès de poids: 10-12% en surpoids et 3 à 5% obèses… L’augmentation du nombre d’enfants obèses va entraîner une augmentation considérable du nombre d’adultes obèses. D’autant plus que les adultes obèses d’aujourd’hui n’étaient généralement pas obèses dans l’enfance! L’évolution vers l’obésité se fait maintenant à tout âge…

D’abord parce que l’enfant trop gros devient très souvent un adulte trop
gros.

Plus de la moitié des enfants qui sont obèses à 6 ans restent obèses à l’âge adulte, explique le Pr Patrick Tounian (hôpital Armand-Trousseau, Paris). De même que 70 à 80% des enfants obèses de plus de 10 ans. Plus l’obésité se prolonge dans l’enfance, plus elle risque de persister à l’âge adulte. Et le risque est encore augmenté si l’un ou l’autre parent est obèse. A ces âges, les conséquences de l’excès de poids sont surtout d’ordre psychique, liées souvent à une certaine stigmatisation sociale, à la mauvaise image de soi… Il n’en est pas de même à l’age adulte, où complications et maladies physiques viennent se surajouter au malaise psychosocial. Des complications qui augmentent parallèlement à la durée de l’obésité! Mais, plus encore, poursuit le Pr Tounian, des lésions des artères et des anomalies métaboliques peuvent se constituer dès l’enfance. Et certaines d’entre elles persisteront à l’âge adulte indépendamment de l’évolution du poids. D’où une augmentation du risque cardiovasculaire chez l’adulte qui a été obèse durant l’enfance, même si son poids est redevenu à peu près normal! L’obésité actuelle des enfants laisse redouter une augmentation importante du nombre de maladies cardiovasculaires (et, hélas, des décès qui leur sont liés).

D’autres risques sont aussi augmentés en cas d’obésité précoce. Un garçon obèse à l’adolescence aurait un risque de cancer colorectal multiplié par six à l’âge adulte et un risque de goutte multiplié par trois. Chez les adolescentes obèses, c’est le risque d’arthrose à l’âge adulte qui serait multiplié par deux.

Les pédiatres volent au secours de l’équilibre alimentaire

L’obésité a enfin des conséquences dans d’autres domaines. Une étude montre que les adolescents obèses (et principalement les filles) se marient moins souvent que les autres, ont un salaire annuel inférieur, vivent plus souvent en dessous du seuil de pauvreté et ont une scolarité moins longue. Et cela quelle que soit leur situation socio-économique de départ ! Il y a de quoi réfléchir avant de laisser son enfant prendre du poids! Pour le Pr Tounian, aucun doute n’est permis: l’obésité de l’enfant risque de réduire la qualité (et la durée) de la vie à l’âge adulte. Il préconise une intervention précoce, pour dépister et faire maigrir les enfants à risque. Même s’ils sont loin de le mesurer à leur âge, il en va du reste de leur existence!

Sources : Nutrinews

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