Un octogénaire est décédé la première semaine de janvier à Tahiti après avoir contracté le chikungunya. Cette disparition porte à 15 le nombre de décès du chikungunya à Tahiti. Les victimes sont majoritairement des personnes âgées de plus de 70 ans qui ont succombé à des phénomènes de décompensation de pathologies chroniques cardiaques, respiratoires, rénales, systémiques (lupus) ou métaboliques (diabète), ou des complications générales (déshydratation, accident thromboembolique, perte d’autonomie). Deux victimes polynésiennes sont des enfants qui n’ont pas survécu à une myocardite aigüe diagnostiquée après l’infection au chikungunya, une jeune adolescente de 11 ans et un nouveau-né de huit jours
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Quatorze décès liés (directement ou indirectement) au chikungunya, tel est le bilan de la veille sanitaire en Polynésie française après trois mois d’épidémie. Les victimes sont majoritairement des personnes âgées de plus de 70 ans qui ont succombé à des phénomènes de décompensation de pathologies chroniques cardiaques, respiratoires, rénales, systémiques (lupus) ou métaboliques (diabète), ou des complications générales (déshydratation, accident thromboembolique, perte d’autonomie). Deux victimes polynésiennes sont des enfants qui n’ont pas survécu à une myocardite aigüe diagnostiquée après l’infection au chikungunya, une jeune adolescente de 11 ans et un nouveau-né de huit jours.
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L’épidémie de chikungunya qui sévit depuis le mois d’octobre en Polynésie française a déjà fait neuf morts, un nouveau-né et six personnes âgées de plus de 70 ans (six hommes et deux femmes), qui présentaient des pathologies chroniques. Les habitants de Tahiti sont touchés les uns après les autres, pas une famille, ni une entreprise sans cas de « chik ». Les arrêts maladie s’amoncellent sur les bureaux des DRH. Joseph, livreur d’eau dans une société locale, est un grand gaillard, père de famille, toujours souriant et disponible. Mais en ce mercredi matin, il a le visage fermé, les sourcils froncés. Malgré la douleur, la fatigue, il a repris le travail après huit jours d’arrêt : « D’autres collègues sont arrêtés, il n’y avait pas assez de monde pour faire le travail, je suis revenu, mais j’ai toujours mal, notamment aux chevilles et à la jambe ».
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Face à la progression de l’épidémie de chikungunya à Tahiti, les services hospitaliers et, en première ligne, les urgences sont confrontées à une recrudescence d’activité, notamment le soir et le week-end. Ce vendredi matin, le président de la Polynésie, Edouard Fritch s’est rendu sur place avec une délégation de son gouvernement. Il a été accueilli par le directeur du centre hospitalier et le chef de service des urgences qui lui a indiqué que selon : « 70% de la population polynésienne devrait, à terme, être touchée par l’épidémie ». Cette visite qui intervient après l’annonce d’un quatrième décès dû à la maladie (un nourrisson de 8 jours), visait à « faire le point sur les conditions d’accueil des patients atteints de chikungunya » a indiqué la présidence dans un communiqué, mais aussi « à encourager les personnels médicaux dans leur travail ». Lors de cette visite, « le président a assisté en partie aux échanges en visio-conférence entre les médecins du CHPF et la cellule de veille sanitaire des Antilles-Guyane relative aux risques de transmission de la maladie aux nourrissons par les femmes enceintes prêtes à accoucher », a précisé le service de presse du gouvernement de Polynésie.

Le président de la Polynésie française s'est rendu ce vendredi matin aux services des urgences de l'hôpital du Taaone à Pirae.
Le président de la Polynésie française s'est rendu ce vendredi matin aux services des urgences de l'hôpital du Taaone à Pirae.

Afin de faire face à l’afflux de patients, les médecins généralistes sont à nouveau sollicités à ouvrir leur cabinet ce week-end pour éviter un engorgement des urgences. Le dispensaire des Tuamotu-Gambier qui jouxte le centre hospitalier sera désormais appelé en renfort.

Crédit photos : Présidence de la Polynésie française

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L’épidémie de chikungunya qui sévit depuis le mois d’octobre en Polynésie française a fait 4 victimes, trois octogénaires souffrant de pathologies chroniques et un bébé, un nourrisson de 8 jours. Mardi, la cellule de coordination de lutte contre le chikungunya s’est réunie afin de faire le point sur l’évolution de l’épidémie. Le nombre de cas estimés de chik est désormais de plus de 11 000 personnes, dont 95% de cas à Tahiti et Moorea.

Une estimation car tous les malades ne consultent pas et pratiquent l’automédication : repos et paracétamol. « Les archipels des îles Sous-le-Vent, des Tuamotu-Gambier, des Australes et des Marquises sont également touchés » indiquent les autorités sanitaires qui « veillent à faire en sorte que les renforts nécessaires soient mis en place au niveau du Centre hospitalier de Polynésie française et de l’hôpital de Taravao ».

Les services de santé tiennent à rappeler que, tout comme les personnes âgées malades, « les femmes enceintes et les nourrissons sont l’une des catégories de sujets à risque lors de cette épidémie ». La protection contre les piqures de moustiques, l’usage de répulsifs, l’installation de moustiquaire et un habillement couvrant sont les seules armes efficaces pour lutter contre le chikungunya. Tandis que les pulvérisations d’insecticides se poursuivent dans les quartiers de la grande agglomération de Papeete, le pic épidémique n’est pas encore atteint. Dans quinze jours, les vacances scolaires vont débuter, le chassé-croisé des îliens qui rejoindront leurs familles dans les archipels éloignés pour les fêtes de fin d’année devrait accélérer la contamination des autres archipels, pour l’instant préservé.

Deux morts et plus de 8000 cas de chikungunya, c’est le bilan de l’épidémie qui sévit depuis un peu plus de six semaines en Polynésie française. Près de 200 malades ont été hospitalisés. Cinq patients seraient toujours sous surveillance à l’hôpital, elles ont décompensé une pathologie sous-jacente grave. C’est le cas des deux personnes décédées, deux octogénaires déjà fragilisées par « des pathologies chroniques », le chikungunya leur a été fatale.

Sans céder à la psychose, les autorités sanitaires du pays ont organisé une conférence de presse hier pour informer la population de la situation. « Le pic épidémique n’est pas encore atteint, confiait le responsable de la veille sanitaire, Henri-Pierre Mallet tout en se voulant rassurant : « Dans la majorité des cas, c’est une maladie bénigne » a-t-il déclaré.

Fièvre, céphalées, éruptions cutanées, courbatures et des douleurs récidivantes quelques semaines, les malades témoignent tous des mêmes symptômes et surtout d’un état de fatigue qui perdure plusieurs semaines après avoir contracté la maladie. Le remède ? Repos et paracétamol ! « J’ai toujours mal à ma cheville, raconte Rodolphe, 36 ans, « j’ai eu il y a quelques années une double fracture et curieusement le chikungunya a « réveillé » une veille douleur que je croyais disparue ».

Crédit photo : Parlonssante.com
Crédit photo : Parlonssante.com

Mis à part les vendeurs de raquettes électriques, les sociétés de démoustication, les marchands de répulsifs et autres fournisseurs de paracétamol qui se frottent les mains, l’économie locale commence, elle aussi à souffrir du chikungunya, impactée par les arrêts maladies qui se multiplient. « Dans mon entreprise, c’est l’hécatombe, nous n’arrivons pas à livrer nos clients. Depuis quinze jours, je fonctionne à 30% de mes effectifs », raconte le directeur technique d’une entreprise locale. « Tous les jours nous avons des cas dans nos cabinets, le diagnostic est rapide à faire, les malades sont courbés, les mains crispées et très affaiblies, ajoute Marc, un médecin généraliste.

Les autorités en appellent à la responsabilité collective et notamment en direction des généralistes libéraux qui sont invités à ouvrir leurs cabinets le week-end afin d’éviter l’engorgement des services d’urgence. La population est, elle aussi, sollicitée à intensifier la lutte contre les gîtes à moustiques, mais aussi à poursuivre l’utilisation de répulsifs (spray corporel, moustiquaire, diffuseurs électriques, vêtements couvrants). L’utilisation de tortillons incandescents est déconseillée, les fumées sont toxiques.

Tahiti lutte contre le chikungunya

L'aedes aegypti est le moustique vecteur de la dengue, du zika et désormais du chikungunya à Tahiti.
La Polynésie française était le seul territoire ultra-marin français exsangue du virus du chikungunya, depuis deux semaines ce n’est plus le cas et le nombre de personnes atteintes ne cesse de croître. Une centaine de cas confirmés, mais plus de 400 suspicions, sans compter les patients qui ne consultent pas et ceux qui ne sont pas diagnostiqués.

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Les communes les plus touchées sont situées sur la côte ouest de Tahiti, Faa’a, Punaauia et Papeari. L’épidémie concerne principalement Tahiti (un seul cas à Bora Bora et un autre cas à Raivavae aux Australes). Une exception, l’île d’Apataki dans l’archipel des Tuamotu qui recense 82 cas suspects dont 13 confirmés, ce qui est beaucoup sur une population de 492 ! « Ce n’est plus la peine de faire des tests, ce ne sont que des chiffres, le virus est bien là. On sait comment prendre en charge les patients », (NDLR : du repos et du paracétamol) explique un généraliste de Punaauia qui n’a pas encore vu de cas dans son cabinet. « Il faut éviter de se faire piquer, protéger les enfants, je recommande simplement des moustiquaires, des chaussettes et des pantalons !« . Courbatures, fortes fièvres, grande faiblesse sont les symptômes les plus fréquents. Les patients témoignent de douleurs articulaires intenses qui immobilisent certains dans leurs lits pendant plus d’une semaine. Cette maladie infectieuse véhiculée par le moustique progresse en même temps que la dengue sur ce morceau de France au cœur du Pacifique.

Si aucun cas sévère n’a été diagnostiqué les autorités restent vigilantes, car la dernière épidémie de Zika avait engendré des syndromes de Guillain-Barré (une atteinte des nerfs périphériques caractérisée par une faiblesse voire une paralysie progressive, des jambes, parfois des muscles respiratoires, des nerfs de la tête et du cou). Ce syndrome aussi appelé polyradiculonévrite aiguë inflammatoire, ou encore polyradiculonévrite aiguë post-infectieuse survient souvent après une infection. L’an dernier des cas de Guillain-Barré avaient été pris en charge à Tahiti suite à l’épidémie de Zika. Dans la majorité des cas, les personnes atteintes récupèrent leurs capacités physiques au bout de 6 à 12 mois.

A l’aube de la saison des pluies, les autorités sanitaires multiplient les appels à la prévention contre le moustique et incitent aux dégîtages (lutte contre les nids) et à la protection individuelle (usage de répulsifs, de moustiquaires et autres diffuseurs électriques), mais elles appellent aussi les élus locaux à prendre leurs responsabilités. Comme l’an dernier pour lutter contre l’épidémie de Zika, des actions de portes à portes sont organisées dans les quartiers pour inciter les populations à faire la chasse aux réservoirs d’eau stagnante, véritable nurserie à moustiques.

Les eaux stagnantes sont des nurseries à moustiques contre lesquelles il faut lutter !
Les eaux stagnantes sont des nurseries à moustiques contre lesquelles il faut lutter !

Pneus, pirogues, épaves, mais aussi pots de fleurs, gouttières bouchées, piscines et autres bassins non vidés… Les moustiques ne manquent pas d’imagination pour pondre !

Les employés municipaux sur le terrain utilisent des larvicides et mènent des campagnes de pulvérisation sous l’impulsion du centre d’hygiène et de salubrité publique en collaboration avec le service du développement rural de la Polynésie. Des spots télé et radio, ainsi que des SMS porteurs de messages de prévention prônent les bons gestes et les consignes pour endiguer l’épidémie.