A l’occasion des Parcours du Cœur, le plus grand rendez-vous de prévention – santé, qui se tiendront les 31 mars et 1er avril prochains, la Fédération Française de Cardiologie publie son enquête annuelle sur les jeunes et leur cœur. Comment évoluent les opinions et comportements des jeunes face au tabac ? Les jeunes suivent-ils la recommandation 0 cigarette – 5 fruits et légumes par jour – 60 minutes d’activité physique au quotidien ? Le Professeur Daniel Thomas, Président d’Honneur de la Fédération Française de Cardiologie, s’inquiète du peu d’effet des campagnes anti-tabac sur les jeunes : « L’étude révèle l’addiction croissante des jeunes filles qui augmente, de fait, le risque de maladies cardiovasculaires, alors que l’on sait que ces maladies sont la 1ère cause de mortalité chez la femme ; elle révèle aussi le rôle prépondérant de l’entourage, notamment de la famille, dans « l’entrée en addiction » des jeunes fumeurs ; dernier point, et non des moindres, le tabagisme chez les jeunes semble étroitement corrélé à une hygiène de vie peu compatible avec une bonne santé cardiovasculaire. »
spacer

La Fédération Française de Cardiologie mène une enquête barométrique depuis 14 ans sur les jeunes des classes de CM1 et CM2 et du collège.
Cette enquête porte essentiellement sur les comportements des jeunes face au tabac, mais aborde aussi, depuis 2010, l’alimentation et la pratique sportive pour se confronter au slogan de la Fédération Française de Cardiologie : 0 cigarette / 5 fruits et légumes par jour / 60 minutes d’activité physique au quotidien.

Pour soutenir la recherche sur le cancer, 15 000 personnes ont réalisé en 2011 dans toute la France des défis sportifs et financiers au cours de week-ends de générosité et de convivialité, mobilisés par l’association «Courir pour la Vie, Courir pour Curie », donateur historique de l’Institut Curie. Plus de 90 000 euros collectés, ces fonds vont permettre de poursuivre les recherches sur les cellules tumorales circulantes, dans le cadre d’un programme innovant et très prometteur mené à l’Institut.

A quelques jours du lancement des Parcours du Cœur dans toute la France (les 31 mars et 1er avril), la Fédération française de cardiologie a interrogé les Français sur leur hygiène de vie : 9 sur 10 d’entre eux estiment avoir une bonne hygiène de vie. Ce ressenti, à première vue très positif, 93% des Français pensent avoir une bonne hygiène de vie, est à mettre en perspective avec les chiffres des maladies cardiovasculaires : 400 morts par jour, l’obésité en hausse, le nombre de fumeurs en augmentation, la sédentarité de plus en plus présente dans les foyers.… autant de facteurs de risque qui contredisent l’optimisme des Français face à leur hygiène de vie. Paradoxalement, ils ne sont qu’un peu plus de 1 sur 10 à refuser tout effort supplémentaire. En dépit d’un jugement excellent à l’égard de leur propre hygiène de vie, une forte proportion de Français se dit être disposée à faire des efforts pour l’améliorer, notamment dans deux domaines précis : la condition physique (58 %) et l’alimentation (58 %). Une surveillance accrue des facteurs de risque comme la consommation d’alcool et de tabac n’est un projet envisageable que pour 18% des Français.

Enfin 11 % des Français ne se sentent pas concernés car ils considèrent que leur hygiène de vie est suffisamment saine et 2% vont jusqu’à affirmer ne pas avoir l’intention de faire des efforts. Une perception très positive qui se heurte aux chiffres alarmants de l’augmentation des maladies cardiovasculaires. Pour en avoir le « cœur net », la Fédération française de cardiologie met un test en ligne « Mon Parcours Cœur » sur www.fedecardio.com afin que chacun puisse apprécier son hygiène de vie au regard de la santé cardiaque.

7e semaine de mobilisation pour le don de moelle osseuse

A l’occasion de la 7e semaine nationale de mobilisation pour le don de moelle osseuse organisée du lundi 19 au dimanche 25 mars, l’Agence de la biomédecine lance une campagne de sensibilisation novatrice sur Internet, en collaboration avec l’Etablissement Français du Sang, les centres hospitaliers, la société française de greffe de moelle osseuse et de thérapie cellulaire et les associations.

Dès le lundi 19 mars en se connectant au site www.dondemoelleosseuse.fr, les internautes auront la possibilité de participer à la création collective d’un film destiné à faire connaître à un large public toute l’importance du don de moelle osseuse. Un seul enjeu : être encore plus nombreux pour donner aux malades un espoir supplémentaire de guérison en recrutant 18 000 nouveaux donneurs et en diversifiant les profils inscrits sur le registre France Greffe de Moelle.

Le Lauréat de la 18e édition du Prix Infirmier Any d’Avray 2012 est le projet « Relaxation en oncologie pédiatrique » du Centre Hospitalier Universitaire de Poitiers (86). Ce prix a été remis par Any d’Avray et Nicole Rama, la Présidente du jury et Vice-Présidente de l’AFIC, dans le cadre des 15e Rencontres infirmières en oncologie organisées par l’AFIC, le samedi 17 mars à 12h15 à la Maison de la Chimie – Paris 7e. Laëtitia Kern, cadre puéricultrice, membre de l’équipe lauréate a reçu une dotation de 7 500€ pour son projet d’amélioration de la qualité de vie des jeunes patients hospitalisés en oncologie pédiatrique. Le but de ce projet est d’encourager l’expression de jeune patient dans le cadre de la mise en place d’activités de relaxation par le toucher/ou massothérapie.
Lire la suite

Tympanoplastie : Interview du Docteur Thierry Soussi, ORL

« Une fois que le tympan est fermé, il est aussi résistant qu’avant »

Quand pratiquer une tympanoplastie ?
« Tout tympan perforé doit être refermé. Mais, il faut prendre des précautions, il n’y a pas d’urgence à opérer. Dans 80% des cas, la perforation récente se cicatrise naturellement ; mais, il y a toujours une surveillance médicale et des précautions à prendre, notamment éviter toute pénétration d’eau dans l’oreille tant que le tympan est ouvert ; l’eau est source de poussées de surinfection. Le médecin prescrira un test auditif (un audiogramme), parfois un scanner et surtout attendra un délai de deux ou trois mois pour permettre à l’oreille de bien sécher (l’oreille doit être saine pour être réparée). Si la perforation persiste, une tympanoplastie sera envisagée après un délai de six mois ».

Parlonssante.com 95
Le Docteur Thierry Soussi au bloc. Attention photo propriété de Parlonssante.com toute reproduction et /ou utilisations même partielle sans accord préalable entraînera des poursuites.

Quelles sont les causes des perforations tympaniques ?
« Il y a les causes aiguës comme le mouchage trop violent, la pénétration d »un corps étranger (trombones, allumettes, clefs), les cotons-tiges sont responsables de 5 à 10% des perforations, un traumatisme (une chute dans l’eau, une gifle sur l’oreille) ou bien un mécanisme infectieux (accumulation de bactéries), une décompression (quand on se bouche le nez et que l’on souffle très fort pour déboucher ses oreilles) ; il y a aussi les causes chroniques, les otites pas ou peu soignées qui favorisent les infections, le tabac aussi ».

Quel est le taux de réussite de l’intervention ?

« De 95 à 100%. Le patient retrouve toute son audition deux à quatre semaines après l’opération. Sauf si des osselets sont abîmés ou qu’il y a une atteinte de l’oreille interne ».

Est-ce que la tympanoplastie peut se pratiquer sous anesthésie locale ?
« Oui, c’est possible, mais l’oreille est très innervée, c’est donc très douloureux de faire l’injection. L’anesthésie générale est le plus souvent utilisée, car elle est nettement plus confortable pour le patient et aussi pour le chirurgien. C’est une intervention qui se pratique en ambulatoire. Généralement, le patient sort en fin de journée, il peut rester hospitalisé une nuit, mais jamais plus de 24 heures ».

Quels sont les soins post-opératoires ?
« Une semaine après la greffe, le patient revoit son médecin pour le retrait du pansement (généralement un petit tampon imprégné d’antibiotique qui a été positionné dans le conduit auditif à la fin de l’intervention). Une nouvelle visite a lieu quinze jours après pour les derniers soins (nettoyage et aspiration du conduit), vérification de l’absence de complications, notamment le développement d’un resserrement du conduit auditif externe par le tissu cicatriciel ».

Quelles sont les complications d’’une telle greffe ?
« Elles sont rares et liées le plus souvent à une infection dans l’oreille interne, ou à un problème d’amygdale. Le patient peut ressentir des vertiges. Il existe une complication très rare, mais à connaître. Elle représente moins de 0,5 % des cas, alors que l’opération présente un bon résultat anatomique. On constate une chute, voire une régression de l’audition, c’est vraiment extrêmement rare’.

Est-ce qu’il y a des échecs de greffe ?
« Il peut y avoir des récidives de perforation effectivement. Mais, généralement, quand la greffe ne prend pas c’est que l’oreille n’était pas suffisamment sèche lors de l’intervention, ou bien qu’une infection se trouvait dans l’oreille interne ».

Y a-t-il des précautions particulières, une conduite à tenir après une tympanoplastie ?
« Oui, il faut éviter les bains pendant trois mois et les douches durant un mois. Il ne faut pas se moucher, car cela crée une pression sur le tympan. Une fois que le tympan est fermé, il est aussi résistant qu’avant ».

Peut-on faire de la plongée ?
« Oui, dans des conditions normales (apnée et bouteille). Si la greffe a pris, le tympan est aussi solide qu’avant. Nous utilisons une technique de greffe particulière avec du cartilage pour les plongeurs professionnels, les PNC (personnels navigants) ou les récidives de perforation. Le cartilage est plus rigide, il transmet légèrement moins bien les sons mais, il se lyse moins facilement d’où de meilleurs résultats de prise de greffe ».

Propos recueillis par Cl. Chunlaud

Qu’est-ce qu’une tympanoplastie ?

Séquelles d’’oreilles fragilisées par des infections mal ou peu soignées, perforations anciennes liées à l’’abus de paracentèses (petites chirurgies), sinus et trompe d’’Eustache encombrés, problème de végétations, tabagisme, traumatisme (gifle, chute dans l’’eau, insecte), pression trop importante… Le tympan est une fine membrane qui sépare le conduit auditif externe et l’’oreille moyenne. Les causes des perforations sont multiples. La tympanoplastie est l’’une des chirurgies de l’’oreille les plus fréquemment pratiquées par les ORL au bloc. L’’intervention dure de 30 à 60 minutes.

La technique consiste à une reconstruction du tympan via une greffe de tissu prélevé chez le patient lui-même durant l’’opération. Les principaux tissus utilisés sont l’’enveloppe du muscle fascia temporal ou de mastication qui se situe derrière l’’oreille. Le médecin découpe au scalpel la peau derrière l’’oreille pour atteindre le muscle et prélever le greffon.

parlonssantegref5
Le greffon est du tissu prélevé sur le muscle du patient, derrière l’oreille. Attention cette photo est propriété de parlonssante.com toute reproduction et/ou utilisation même partielle entraînera des poursuites.

Le tissu est positionné dans une petite presse quelques instants, puis étiré pour séchage. Il ressemble à un petit parchemin, transparent (notre photo).

parlonssantegref2
Le tissu prélevé est pressé et séché. Photo propriété de Parlonssante.com toute reproduction et/ou utilisation même partielle sans accord préalable entraînera des poursuites.

Il ressemble à un petit parchemin, transparent (ci-dessous).

parlonssantegref1
Le tissu prélevé est prêt à être appliqué dans l’oreille sur le pourtour du tympan. Attention cette photo est propriété de parlonssante.com toute reproduction et/ou utilisation même partielle entraînera des poursuites.

Pendant ce temps-là, le chirurgien achève de décoller l’’oreille pour atteindre le conduit et positionner la greffe. Un gel est inséré sous et sur le tissu greffé. Le but étant de permettre à la peau de “l’’absorber”, de recouvrir à nouveau l’’endroit où se trouvait le tympan.« “La greffe sert de “tuteur” au tympan qui va pousser dessus et l’’absorber »”, précise Thierry Soussi, ORL (lire interview ci -dessus).

Une fois la pose de la greffe terminée, le chirurgien recoud l’’oreille et introduit dans le conduit un pansement imbibé d’’antibiotiques. Le patient se réveillera quelques instants plus tard, l’’oreille enrubannée, mais un tympan bien fermé. Le taux de réussite de l’’intervention est très élevé de 95 à 100% des cas ; l’’audition est retrouvée (deux à quatre semaines après) et le patient pourra, à terme (deux mois pour les baignades), recouvrer une vie normale avec un tympan tout neuf.

Dans une lettre ouverte qui sera envoyée à tous les candidats à la présidence le 20 mars prochain, le conseil national de l’Ordre des sages-femmes dresse « le constat préoccupant de l’état de santé des femmes et de la périnatalité en France ». Selon les sages-femmes : « Une femme sur quatre déclare qu’elle aurait souhaité vivre autrement son accouchement – soit près de 200 000 femmes ; La mortalité infantile est stagnante (depuis 2005, environ 3,8 enfants sur 1 000 naissances décèdent avant leur premier anniversaire) ; Une femme sur cinq n’a pas de suivi gynécologique régulier ; Près de 220 000 IVG sont pratiqués chaque année en France, dont 29 000 concernent des jeunes femmes âgées de 15 à 19 ans (soit un point supplémentaire chaque année)…” Par cette lettre ouverte et la distinction de trois mesures prioritaires, le conseil national de l’ordre des sages-femmes attend des candidats à la présidence de la République des “engagements et des propositions concrètes redonnant aux femmes le droit à la santé et un libre choix quant à leur manière d’envisager la grossesse et l’accouchement”.

Qu’est-ce que la filariose lymphatique ?

filariose-3- Crédit : Stéphanie Brias
La filariose lymphatique est l’une des maladies tropicales négligées. Pour autant plus de 1,3 milliard de personnes dans 72 pays sont menacées par cette maladie communément appelée éléphantiasis. Plus de 120 millions de personnes sont actuellement infectées, et environ 40 millions d’entre elles souffrent de difformités et sont handicapées par la maladie. Un territoire français est concerné, c’est la paradisiaque Polynésie française. Selon une étude qui date de 2008, 11% de la population locale est malade.

C’est le moustique qui inocule à l’homme les larves du parasite (des nématodes, des vers ronds de la famille des Filaridés) qui se nichent dans le système lymphatique. Les vers adultes perturbent le système immunitaire. Ils ont une longévité de six à huit ans et, au cours de leur vie, produisent des millions de microfilaires (petites larves) qui circulent dans le sang. La filariose lymphatique peut prendre des formes asymptomatiques, aiguës ou chroniques. Ces infections asymptomatiques causent des dommages au système lymphatique et des lésions rénales, et altèrent le système immunitaire de l’organisme. Lorsque la maladie devient chronique, elle conduit au lymphœdème (gonflement des tissus) ou à l’éléphantiasis (épaississement de la peau/des tissus) des membres et à l’hydrocèle (accumulation de liquide). Les seins et les organes génitaux sont fréquemment atteints. « Des difformités corporelles qui conduisent à une stigmatisation sociale, ainsi qu’à de graves difficultés financières dues à la perte de revenu et à des dépenses médicales élevées », assure l’OMS avant d’ajouter : « Le fardeau socio économique associé à l’isolement et à la pauvreté est énorme ».

Pour interrompre la transmission, l’Organisation mondiale de la Santé recommande de procéder chaque année à une distribution massive de médicaments sous la forme d’une dose unique de deux médicaments associés administrée à toutes les personnes exposées dans les régions d’endémie. L’organisation soutient les pays touchés par cette maladie, elle mène une action à grande échelle dans le Pacifique contribuant à la distribution des médicaments (Notézine et Zentel) qui éradiquent les micro-filaires. En Polynésie française, 600 000 comprimés feront l’objet d’une distribution « observée » à la population du 12 au 25 mars. Si la Notézine est achetée par ce territoire (81 000 euros par an), le second médicament appelé Albendazole (Zentel) est fourni par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans le cadre de la lutte régionale contre la filariose dans le Pacifique. En prenant le traitement annuellement, l’organisme se débarrasse des microfilaires, c’est-à-dire des larves de vers parasites (Wuchereria bancrofti, Brugia malayi, B. timori), mais aussi d’une partie des vers adultes.

Approximativement 65% des personnes infectées vivent dans la Région OMS de l’Asie du Sud-Est, 30% dans la Région africaine et le reste dans d’autres zones tropicales. La lutte contre les moustiques est un autre moyen qui peut être utilisé pour supprimer la transmission. L’OMS recommande « L’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide ou la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations sont des mesures qui peuvent contribuer à protéger de l’infection les populations des régions d’endémie. La résolution WHA50.29 de l’Assemblée mondiale de la Santé a appelé instamment les Etats Membres à éliminer la filariose lymphatique en tant que problème de santé publique ». Pour donner suite à la résolution, l’OMS a lancé en 2000 le Programme mondial pour l’élimination de la filariose lymphatique (GPELF), dont l’objectif est d’éliminer la maladie d’ici 2020.