Quatorze décès liés (directement ou indirectement) au chikungunya, tel est le bilan de la veille sanitaire en Polynésie française après trois mois d’épidémie. Les victimes sont majoritairement des personnes âgées de plus de 70 ans qui ont succombé à des phénomènes de décompensation de pathologies chroniques cardiaques, respiratoires, rénales, systémiques (lupus) ou métaboliques (diabète), ou des complications générales (déshydratation, accident thromboembolique, perte d’autonomie). Deux victimes polynésiennes sont des enfants qui n’ont pas survécu à une myocardite aigüe diagnostiquée après l’infection au chikungunya, une jeune adolescente de 11 ans et un nouveau-né de huit jours.

20% de cas asymptomatiques

Depuis le début de l’épidémie, en octobre 2014, 500 malades ont été hospitalisés plus d’une journée pour l’infection. Parmi eux, 36 ont présenté des formes sévères, dont 2 nouveau-nés.

Rappelons que dans 80% des cas, les personnes piquées par un moustique porteur du virus développeront les symptômes. S’en suivra après 4 à 6 jours, une réaction immunitaire aiguë avec fièvres, inflammations articulaires et tendineuses (poignets, chevilles et phalanges) avec ou sans éruptions cutanées. Cette phase dure entre deux et quatre semaines selon les cas. Certains patients souffrent des articulations durant des mois, voire des années avec une forme chronique de rhumatisme inflammatoire.

Aujourd’hui, tous les archipels polynésiens sont touchés. Pour autant le nombre de consultations est en baisse pour les détections du chikungunya. En revanche, on remarque une augmentation des consultations pour les « récidives », c’est à dire les personnes ayant eu l’infection, il y a quelques semaines et qui développent les formes post-aigües du chikungunya : une grande fatigue et des douleurs articulaires très intenses. Ces formes concernent les adultes. Les enfants qui ont eu le chikungunya ne sont apparemment pas concernés par les formes persistantes de la maladie.

Des douleurs articulaires qui peuvent se transformer en rhumatisme chronique

Plus de la moitié des personnes infectées -de plus de 40 ans- ont des symptômes articulaires persistants, en continue ou sous formes de poussées. Il est avéré que plus la fièvre et les douleurs sont aigues au début de l’infection, plus les symptômes articulaires seront persistants. A noter que dans un rapport réalisé en novembre 2014 par le ministère de la Santé à Paris sur les préconisation nationales en matière de chikungunya, les experts préconisent une prise en charge médicale de tous les cas. « L’absence de traitement anti-inflammatoire, une sollicitation physique excessive inopportune et de même, un repos articulaire complet et prolongé, peuvent avoir un effet délétère sur la récupération clinique ». Bilan, si vous êtes fiévreux et ressentez des douleurs articulaires, consultez, prenez des anti-inflammatoires, levez le pied et protégez vous des piqures de moustiques pour éviter de contaminer ceux que vous aimez !

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