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À compter du 25 février, des messages sanitaires seront apposés sur les publicités pour les produits alimentaires ou les boissons sucrées. Les entreprises qui dérogeront à cette règle s’acquitteront d’une taxe au profit de la prévention et de l’éducation pour la santé.

À l’instar des publicités sur l’alcool ou des messages sanitaires sur les paquets de cigarettes, les campagnes publicitaires de produits agroalimentaires seront, dès le 25 février, affublées de quatre messages diffusés ou imprimés alternativement. Les pouvoirs publics français somment ainsi les industriels à s’impliquer dans la lutte contre un fléau de santé publique qui concerne 20 millions de Français en surpoids dont 6 millions d’obèses (contre 8 % en 1997). Les entreprises qui dérogeront à cette règle devront s’acquitter d’une taxe de 1,5 % du montant de leur investissement publicitaire, au profit de l’Inpes (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé).

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L’application de cette mesure n’a rien de superflue. Au contraire, rappeler que « manger au moins cinq fruits et légumes par jour est bon pour la santé », qu’« il faut éviter de grignoter entre les repas » et de « manger trop gras, trop sucré, trop sal黅 contribue à l’éducation à l’équilibre alimentaire des consommateurs. C’est une mesure phare du plan anti-obésité inscrite dans la loi du 9 août 2004 dont il est question ici. Le décret validé par le Conseil d’Etat le 15 décembre, n’a été signé par Xavier Bertrand, le ministre de la santé, que le 24 janvier dernier…

D’âpres discussions ont donc émaillé son élaboration -lobbying des industriels de l’agroalimentaire et pressions du marché publicitaire aidant- puisqu’elle a quand même mis deux, presque trois ans, à aboutir. Il faut dire que le gâteau est alléchant : l’alimentation est l’un des principaux secteurs du marché publicitaire français avec près de 8 % des investissements médias en 2006, en hausse de 0,8 %, ce qui représente pas moins de 1,7 milliard d’euros bruts, selon l’institut d’études TNS Media Intelligence. « Evitez le grignotage en dehors des repas » est sans nul doute la mention qui a provoqué le plus de grincements de dents dans les rangs des industriels du secteur (biscuits, barres chocolatées…), directement visés. La problématique étant de savoir si le goûter est un « repas » ou du grignotage superflu. Les avis restent partagés également sur la question de la collation offerte dans certaines écoles le matin aux enfants. Des messages jugés trop « light » Les industriels de ce juteux secteur d’activité n’ont vraiment pas de raisons de pousser des cris d’offrais, les mesures auraient pu être beaucoup plus radicales.

Lors de la préparation du projet de loi,d’aucuns demandaient la suppression pure et simple de tous les messages publicitaires à destination des enfants portant sur les produits alimentaires sucrés ou salés jugés risqué…( barres chocolatées, crèmes glacées, confiseries…). Cette loi est une première avancée consensuelle dans un délicat dossier où les enjeux économiques et la santé publique ne font pas bon ménage. L’omniprésence des publicités pour des produits sucrés ou gras dans les programmes télévisés pour enfants, (alors que plus de 10 % des 5-12 ans sont obèses), n’est pas remise en cause par cette nouvelle réglementation au grand dam de l’UFC Que choisir et des associations de malades. Ces derniers évoquent des messages sanitaires bien « light » (pas d’impératif, juste de la préconisation) en comparaison aux mesures prises dans les pays d’Europe du Nord ou même par la Grande-Bretagne qui prohibe depuis le 1er janvier, dernier la publicité pour la « junk food » dans les programmes pour enfants. Enfin, autre pierre d’achoppement entre les consommateurs et les pouvoirs publics sur cette règlement, le fait qu’à la veille de la promulgation au JO de cette réglementation -qui doit donc entrer en vigueur le 25 février prochain- aucun organisme spécifique ne soit chargé de son application et de son contrôle.

L’avis des industriels

Les industriels évoquent un « compromis favorable » Serge Hercberg, professeur de nutrition à l’université Paris-II et président du comité de pilotage du Programme national nutrition-santé 2 (PNNS) salue dans les colonnes des Echos : «L’application de cette loi qui va permettre au consommateur d’avoir des messages simples, et constitue une opportunité d’engager une réflexion sur le rôle des acteurs économiques dans le discours publicitaire ». Quant au lobby agroalimentaire, représenté par l’Ania (Association nationale des Industries Alimentaires), il y voit un « compromis favorable », selon Jean-René Buisson, son président interrogé par nos confrères du Figaro. D’ailleurs, l’association conseille aux entreprises d’apposer les messages, et donc de refuser la possibilité de payer à l’Inpes (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) une taxe équivalant à 1,5 % des sommes investies dans leurs campagnes publicitaires. En signe de bonne volonté, elle a même mis en place une fondation privée, « Alimentation et équilibre », à laquelle ses membres pourront verser leur obole.

L’application concrète du futur décret

• Télévision-cinéma : les quatre slogans y seront diffusés de façon alternative, sur un bandeau horizontal (similaire à ceux permettant de faire défiler des nouvelles sur les chaînes d’information continue comme LCI), qui recouvrira « au moins 7 % de l’écran » et sera « maintenu pendant toute la durée d’émission du message publicitaire, ou présenté dans un écran suivant immédiatement la publicité », précise l’arrêté que se sont procuré « Les Echos ».

• Radio : les messages sanitaires devront être diffusés « immédiatement après la publicité ».

• Presse écrite : ils seront publiés sur le modèle des « bandeaux LCI » « dans un espace horizontal et réservé à ce texte recouvrant au moins 7 % de la surface publicitaire ».

• Prospectus : les messages « peuvent prendre la forme d’un texte d’éducation nutritionnelle » publié dans l’arrêté, qui « recouvre au moins une demi page au total ». A chaque fois, le site www.mangerbouger.fr devra être mentionné.

Bon à savoir

Les quatre slogans à mentionner dans les publicités sont : « Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour », « évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé », « Evitez de grignoter entre les repas », « Pratiquez une activité physique régulière ». Ces slogans s’appliqueront à toutes les publicités pour les produits alimentaires manufacturés ou les boissons sucrées quel que soit le support (radio, télé, presse, internet).

En savoir plus… sur le net

La blogosphère regorge de journaux intimes d’obèses qui partagent avec les internautes leur quotidien entre régime et frustration. Je vous conseille quelques sites : L’institut français de la nutrition (http://www.ifn.asso.fr/dossier_aliment/index.html) qui vient de mettre en ligne un guide de l’alimentation en 200 questions/réponses pour lutter contre les idées reçues. Le site de l’opération Epode (Ensemble prévenons l’obésité des enfants) http://www.villesante.com/epode/ Le site du ministère de la santé : http://www.mangerbouger.fr Et enfin un blog (http://www.bloob.fr) qui se propose de faire un bilan sur les habitudes alimentaires des ados tout en distillant des conseils de nutrition. Il s’adresse directement aux jeunes en surpoids et est rédigé par des médecins et des journalistes.

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2 réflexions au sujet de «  »

  1. Maroc-agricole.com est avant tout un Média au service des entrepreneurs, des dirigeants et des des managers.
    Maroc-agricole.com se présente comme une « véritable média exclusivement agricole relais de communication qui manque à l’agriculture d’aujourd’hui, moderne, performante et diversifiée.

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