Soins de l’enfant : les puéricultrices déplorent le désintérêt de la ministre de la Santé

28e meeting du Réseau Européen des Associations d’Infirmières Pédiatriques : « La France accroît son retard dans la pratique des soins aux enfants ». Dans un communiqué l’association nationale des puéricultrices et puériculteurs diplômés et des étudiants déclare :  » Hasard du calendrier, c’est quelques jours après la présentation par Laurence Rossignol du Plan d’action pour la protection de la petite enfance que s’est tenu à Paris, les 8 et 9 décembre 2016, le 28e meeting du Réseau européen des associations d’infirmières pédiatriques. Alors que le plan porté par la Ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes n’intègre à aucun moment l’infirmière puéricultrice dans la prise en charge de l’enfant, les interventions des différents pays de l’union nous ont rappelé le retard pris par la France en matière de santé de l’enfant, et notamment s’agissant du respect des directives européennes.

Quatorze nations de l’union étaient présentes pour faire un point sur les dernières recherches concernant la pratique des soins et l’approche de l’enfant et de sa famille. Une attention particulière a évidemment été consacrée au pays hôte, concernant notamment la place des études et de l’exercice des infirmières puéricultrices. Le Paediatric nursing associations of Europe (PNAE) n’a pas caché son inquiétude face au retard pris par rapport aux directives européennes, en ce qui concerne la réingénierie de la formation et l’universitarisation. Ce même constat sur la réingénierie avait d’ailleurs été révélé dans le rapport Giampino, dont s’est largement nourri Laurence Rossignol dans la construction du plan d’action pour la protection de la petite enfance.

Il est étonnant que cette recommandation forte ne soit pas prise en compte dans le plan d’action. La ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes souhaite, à travers ce projet, donner une impulsion nouvelle et créer une identité professionnelle commune aux différents acteurs de l’accueil du jeune enfant. Pour cette création d’identité commune, Laurence Rossignol a simplement oublié d’y associer les 19 074 infirmier(e)s puéricultrices (teurs).

Quelle place la France donne-t-elle à la santé des enfants ?

Ce meeting a également été l’occasion de mettre en lumière la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), ratifiée par la France en 1989, et ses directives internationales sur les droits des enfants. Celle-ci impose tous les cinq ans aux États signataires de la Convention de rendre un rapport sur la mise en œuvre de ses principes à travers la modification des lois et dans la réalité quotidienne du pays. Les ONG ont également autorité à émettre une version qui peut être contradictoire de celle proposée par les gouvernements. C’est ainsi qu’en 2000, le DEI France International (Défense des Enfants International) a conclu son rapport sur l’état des droits de l’enfant en France en précisant : « LeDEI observe à tout le moins des prudences, des contradictions, des silences, des réticences, des blocages, des inerties qui laissent un goût d’inachevé à la hauteur des attentes que l’on pouvait avoir à l’égard de la quatrième puissance mondiale qui se targue d’être la patrie des droits de l’Homme. »

Plus précisément, la Charte européenne de l’enfant hospitalisé stipule aux articles 7 et 8 : Art 7 : l’hôpital doit fournir aux enfants un environnement correspondant à leurs besoins physiques, affectifs et éducatifs, tant sur le plan de l’équipement que du personnel et de la sécurité.

Et art.8 : l’équipe soignante doit être formée à répondre aux besoins psychologiques et émotionnels des enfants et de leur famille. Or, depuis 2009, le programme de formation des infirmiers exclut tout enseignement aux besoins physiques, psychologiques et émotionnels des enfants. En outre, il n’y a plus d’enseignement dispensé sur l’enfant sain, son développement, ses besoins. Rappelons simplement que les services pédiatriques et de néonatologie recrutent ces jeunes diplômés sans formation spécifique à l’enfant.

Des étudiants contraints à l’exil

Selon les rapports de Bologne ratifiés en 2003, chaque pays devait initier une réingénierie de sa formation infirmière permettant l’intégration au cursus LMD. Licence pour les IDE, master pour les spécialités avec ouverture vers le doctorat. En 2016, la France n’offre qu’une seule Université proposant le Master (Aix-Marseille Université) et les diplômés souhaitant faire un doctorat en Sciences Infirmières sont dans l’obligation de s’exiler en Irlande, au Royaume Uni, aux Pays Bas, en Suède, en Norvège, au Danemark, en Italie, en Espagne, au Portugal pour l’Europe ou au Canada.

En France, le programme de formation des infirmières puéricultrices n’a pas été révisé depuis 1983 ! Le master qui permet de s’initier aux travaux de recherche n’est pas acquis et est constamment reporté par le ministère en charge de la Santé. Rappelons également qu’aucune réunion de réingénierie ne s’est tenue sous le mandat de Marisol Touraine pour la spécialité de puéricultrice, alors que les deux autres spécialités infirmières ont obtenu des avancées majeures : les IADE obtiennent dorénavant un diplôme d’Etat grade Master, avec une exclusivité d’exercice confirmée, et les IBODE viennent de se voir attribuer des actes exclusifs, confirmés par le Conseil d’Etat. Face à une telle différence entre nations, quelle place la France donne-t-elle à la santé des enfants ?

 Cl.C

Sources : communiqué de l’association nationale des puéricultrices et puériculteurs diplômés et des étudiants

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