Poupée Cayla et robot I-Que : des jouets… un peu trop connectés

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Au pied du sapin de Noël 2016 de nombreux cadeaux connectés bien sûr, pour les grands et les petits. L’UFC-Que Choisir s’est donc intéressée cette année aux jouets connectés. Elle relève de graves lacunes quant à la sécurité et à la protection des données personnelles des enfants utilisateurs de la poupée connectée ‘Mon amie Cayla’ et du robot connecté ‘i-Que’ disponibles chez de nombreux vendeurs en France. L’association saisit la CNIL et la DGCCRF. L’étude technique commanditée par l’association de consommateurs norvégiens, Forbrukerradet, souligne que Cayla et i-Que, « en apparence inoffensifs, ne garantissent pas le respect de la vie privée et de la sécurité des données personnelles de vos enfants » et relève des failles de sécurité du Bluetooth.

Ces jouets disposent d’un microphone intégré qui se connecte par Bluetooth à une application mobile, préalablement téléchargée par l’utilisateur sur son smartphone ou sa tablette. Le jouet peut alors comprendre ce que lui dit l’enfant et y répondre. Mais, les sociétés fabricantes, ont fait le choix d’implanter dans Cayla et i-Que, une technologie Bluetooth sujette à des risques de failles de sécurité élevées.

Des jouets auxquels n’importe qui peut se connecter  et écouter votre enfant

« Aucun code d’accès ou procédure d’association entre ces jouets et les téléphones/tablettes n’est exigé avant la connexion au jouet, ce qui signifie qu’un tiers situé à 20 mètres du jouet peut s’y connecter par Bluetooth et entendre ce que dit votre enfant à sa poupée ou à son robot, sans même que vous en soyez averti », s’alarme l’UFC Que Choisir. « La connexion peut même se faire à travers une fenêtre ou un mur en béton et le nom du Bluetooth, « Cayla » et « i-Que », permet très simplement d’identifier les poupées. Plus grave encore… Un tiers peut prendre le contrôle des jouets, et, en plus d’entendre votre enfant, communiquer avec lui à travers la voix du jouet ».

Autre point très discutable c’est l’absence de confidentialité des données vocales enregistrées par Cayla et i-Que. Ces données peuvent ensuite être transmises, notamment à des fins commerciales, à des tiers non identifiés. « Les données sont aussi transférées hors de l’Union européenne, sans le consentement des parents : aux Etats-Unis, ou vers les autres territoires concernés où les lois sur la protection de la vie privée ne sont peut-être pas aussi complètes que celles du pays où vous résidez et/ou dont vous êtes ressortissant» s’insurge l’association de défense des consommateurs français avant d’ajouter à la liste des griefs contre ces jouets le matraquage publicitaire ciblé. En France, les enfants ne sont pas protégés aux publicités, au contraire ils y sont très exposés dès le matin entre deux dessins animés, jeux vidéos, jouets, serveurs vocaux… Un vrai matraquage qui fait son chemin. Quel parent n’a pas cédé à son petit lui demandant d’appeler le 3940 pour la liste au Père Noël !

L’étude mené par les consommateurs norvégiens pour L’UFC Que Choisir a ainsi révélé que Cayla et i-Que prononcent régulièrement des phrases préprogrammées, faisant la promotion de certains produits – notamment des produits Disney ou des références aux dessins animés de Nickelodeon. « Loin d’être des cas isolés, Cayla et i-Que reflètent un problème général de sécurité et de données personnelles des jouets connectés. En effet, l’étude commanditée par nos homologues norvégiens souligne que la poupée Hello Barbie (pas encore commercialisée en France) est sujette aux mêmes griefs » assure l’UFC-Que Choisir.

« Au vu de ces éléments inquiétants, l’UFC-Que Choisir : appelle les parents à réfléchir à deux fois avant d’acheter la poupée Cayla et le robot i-Que ; rappelle qu’en cas de vente à distance, ils bénéficient d’un délai de rétractation de 14 jours. Pour ceux déjà équipés et qui souhaitent le conserver, l’association les invite à n’utiliser le jouet connecté qu’en leur présence, ou à défaut de l’éteindre. L’association a saisi d’une part la CNIL pour qu’elle diligente sans délai un contrôle du respect de la protection des données personnelles des utilisateurs de la poupée Cayla et du robot i-Que, et d’autre part, la DGCCRF afin que ses services enquêtent sur le niveau de sécurité des jouets connectés et sanctionnent tout manquement aux dispositions légales et réglementaires »… Joyeux Noël quand même !!

 Cl.C

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