1% de la population sous anti-coagulant

Les antivitamine K (AVK) constituent le traitement anticoagulant de référence pour des pathologies fréquentes telles que la fibrillation auriculaire, les valvulopathies et les thromboses veineuses. Actuellement, plus de 1 % de la population française est traitée par AVK. Du fait de son potentiel iatrogène, (se dit d’une maladie ou d’un trouble provoqués par les thérapeutiques), l’utilisation des AVK fait, depuis de nombreuses années, l’objet de recommandations des groupes experts de l’Afssaps.

Dès les années 90, l’Afssaps s’est engagée dans un programme d’évaluation et de prévention des risques iatrogènes médicamenteux évitables. En 1998, une première étude[1] menée par les Centres Régionaux de Pharmacovigilance (CRPV) portant sur l’évaluation des risques iatrogènes médicamenteux évitables, met en évidence que 13 % des hospitalisations, secondaires à des effets indésirables, sont liées à une hémorragie sous AVK. Ce qui représente environ 17 000 hospitalisations par an, dont plus de la moitié étaient évitables.

En 2004, l’étude ENEIS(2) confirme ces données puisque les anticoagulants, dont les AVK sont la première classe pharmacologique, représentent en terme de iatrogénie 37 % des événements indésirables graves rapportés liés au médicament. Les sujets âgés de 65 ans et plus sont majoritairement concernés.

Plus récemment, une nouvelle étude(3) conduite par les CRPV dans des conditions similaires à celle de 1998, permet de disposer de données actualisées d’incidence d’hospitalisations en lien avec les effets indésirables des médicaments. L’analyse approfondie des données liées aux anticoagulants montre que les AVK correspondent toujours à la plus forte incidence d’hospitalisation pour effet indésirable (12,3 %), mais que la part des effets indésirables évitables a diminué et représente 25 % des effets indésirables.

Récemment, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié des recommandations professionnelles sur la prise en charge des surdosages, des situations à risque et des accidents hémorragiques chez les patients traités par AVK4.

L’Afssaps souhaite porter à nouveau à l’attention des professionnels de santé, des recommandations sur le bon usage des AVK permettant le suivi personnalisé et l’éducation thérapeutique des patients, notamment, afin de minimiser les risques iatrogènes et d’optimiser les conditions d’utilisation.
Mise au point

* Mise au point sur le bon usage des médicaments antivitamine K (AVK) (18/04/2009) (189 ko)

[1] Pouyanne P, Haramburu F, Imbs JL, Bégaud B and the French Pharmacovigilance Centres. Hospitalisations due to adverse drug reactions:a cross sectional study in medical departments. BMJ 2000; 320: 1036.

[2] ENEIS : Étude Nationale sur les Événements Indésirables graves liés aux Soins. DREES. Fascicule Etudes et Résultats n°398, mai 2005.

[3] EMIR : Effets indésirables des Médicaments : Incidence et Risque, sur les hospitalisations liées à un effet indésirable médicamenteux. Coordination CRPV de Bordeaux. Décembre 2007. (publication en cours)

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