Sources : Articles de Matthieu DURAND – le 08/02/2007 – publié sur le site LCI.fr

« Cancer : l’évaluation des risques divise les spécialistes

Une étude évoque la hausse des cas de cancer en Europe avec 3,2 millions de personnes diagnostiquées. L’épidémiologiste Catherine Hill remet toutefois ces chiffres en perspective. Le cancer continue de sévir en Europe avec 3,2 millions de nouveaux cas diagnostiqués dans 39 pays en 2006, soit 300.000 de plus qu’en 2004, et 1,7 million de décès l’an dernier, selon une étude du Centre international de recherche sur le cancer (Circ) publiée mercredi 7 février 2007 dans la revue Annals of Oncology. La seule Europe des 25 totaliserait près de 2,3 millions de nouveaux cas, selon les estimations de cette agence pour le cancer de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Avec un total de 429.900 nouveaux cas, le cancer du sein s’avère le plus fréquemment diagnostiqué (13,5% des nouveaux cas tous sexes confondus, 28,9% parmi les femmes), suivi par le cancer colorectal (412.900, 12,9%) et le cancer du poumon (386.300, 12,1%). Plus d’un million de décès annuels sont dus au cancer au sein de l’Union européenne. Le cancer du poumon reste le plus meurtrier, avec 334.800 décès (19,7% du total des décès par cancer). Il est suivi par le cancer colorectal (207.400 morts), le cancer du sein (131.900 décès) et celui de l’estomac (118.200 décès). Changements démographiques Selon le Dr Peter Boyle, directeur du Circ et co-auteur de l’étude, cette « augmentation majeure du fardeau du cancer », notamment en Europe centrale et de l’Est, est « principalement » due au vieillissement de la population. Mais, indique à LCI.fr Catherine Hill, épidémiologiste à l’Institut Gustave Roussy, cette augmentation s’explique surtout par l’augmentation et le vieillissement de la population ainsi que par un meilleur dépistage. Dans un article récemment publié dans La Presse médicale, la spécialiste écrit : « C’est une erreur de décrire l’accroissement du nombre de décès par cancer [en France, NDLR] comme inquiétant quand cet accroissement n’est que le reflet des changements démographiques ».

Le risque de mourir d’un cancer dans notre pays a ainsi diminué de 14% entre 1980 et 2000. Comportements et traitements « Chez les hommes, la baisse de la mortalité par cancer est très dominée par la diminution du cancer du poumon et du cancer ORL (bouche, pharynx, larynx, œsophage) du fait de la baisse de la consommation d’alcool et de tabac », explique Catherine Hill à LCI.fr. Chez les femmes, la mortalité par cancer est également à la baisse mais à un moindre niveau et elle devrait même prochainement augmenter avec l’augmentation des cas de cancer du poumon, « les femmes s’étant mises à fumer avec 50 ans de retard sur les hommes ».

L’amélioration des traitements a également permis de faire diminuer la mortalité par cancer chez les enfants. En revanche, l’épidémiologiste déplore que le dépistage du cancer du col de l’utérus « soit si mal fait » auprès des femmes immigrées ou issues de milieux défavorisés, qui « ne sont pas suivies par un gynécologue ». Le nombre de cas n’est pas très important, souligne Catherine Hill, mais « ils sont complètement évitables ». »

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