Chaque année en France, 5000 nouvelles personnes sont contaminées par le virus de l’hépatite C. Si effectivement dans certains cas elle se traduit par une cirrhose du foie éventuellement compliqué de cancer, c’est loin d’être systématique. Afin de démystifier ce virus, les médecins vont à la rencontre du grand public pour présenter cette maladie et insister sur la nécessité du dépistage.

Une hépatite est une inflammation du foie entraînant une destruction plus ou moins importante des principales cellules du foie (hépatocytes). Un peu moins d’1% de la population française serait porteuse du virus de l’hépatite C. La moitié à ce jour a été dépistée. La plupart des personnes ne ressentant aucun symptômes, la difficulté pour le corps médical est d’améliorer le dépistage pour une prise en charge adaptée. Le foie est un organe vital, siège de plus de 4000 réactions chimiques, notamment : la synthèse des protéines et des molécules essentielles (pour la coagulation), de la bile (nécessaire à une bonne absorption des graisses) et de la filtration et de la transformation de nombreuses substances (telles que les médicaments et l’alcool avant leur passage dans le sang). On distingue deux grandes catégories d’hépatites les virales (A, B et C…) et les non-virales (hépatite alcoolique, médicamenteuse…). Les populations à risques sont les toxicomanes et les patients ayant été transfusés avant 1990. La contamination par voie sexuelle est faible, mais existante. A noter, la possible transmission du virus lors de séances de tatouage et/ou de piercing effectuées dans de mauvaises conditions d’hygiène. Le dépistage a lieu ce fait par une prise de sang, la sérologie de l’hépatite C.

Il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C

Contrairement à l’hépatite B, il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C. Dans 20 % des cas, on en guérit totalement. Dans 80 % des cas, l’hépatite C devient chronique et est plus ou moins active. «Il faut démystifier cette pathologie qui angoisse la population. Il n’y a généralement pas d’urgence vitale, car l’hépatite évolue lentement. Les risques d’évolution en cirrhose et en cancer sont faibles (15 à 20% des hépatites chroniques), affirme le docteur Bénédicte Lambaré, présidente du réseau “Virus de l’hépatite C” de l’Essonne et de la Seine-et-Marne. Il existe un traitement lourd et efficace qui permet dans 50% des cas, la guérison de l’hépatite C. Ce traitement consiste en une injection sous-cutanée d’Interferon par semaine et d’une prise journalière de médicaments oraux. Les effets secondaires peuvent être importants : fatigue, trouble de l’humeur, perte d’appétit…».

Des médecins créent un réseau hépatite C

En 1996, sous l’impulsion de Jacques Denis, chef de service hépato-gastroentérologie de l’hôpital Louise-Michel d’Evry (centre référent protocole hépatite C), les hépato-gastroentérologues des hôpitaux du sud de la Seine-et-Marne et de l’Essonne ont décidé d’établir un réseau commun pour la prise en charge des patients atteints d’hépatite C. Chaque année, 300 à 350 malades sont suivis à Evry et Corbeil-Essonnes. Tous les deux ou trois mois, des réunions sont mises en place pour échanger et mettre en commun les données concernant les malades, et la prise en charge de cette pathologie (comités scientifiques). Ce réseau composé est 110 membres dont des gastro-entérologues, des phamaciens, biologistes qui organisent des opérations d’information et de sensibilisation au dépistage de l’hépatite C et de sa prise en charge auprès du grand public, des médecins généralistes ou encore des infirmières. La prochaine aura lieu du 23 au 28 mai dans les halls des hôpitaux d’Evry et de Corbeil-Essonnes. Les médecins membres du réseau VHC 91-77 interviennent également à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis où est proposé un dépistage systématique du VIH, de l’hépatite C et B à chaque détenu.

C.C.

• Semaine d’information sur l’hépatite C, exposition du 23 au 28 mai dans les halls des hôpitaux d’Evry et de Corbeil-Essonnes. Conférence débat animée par les médecins du réseau hépatite C ( VHC 91-77) le samedi 28 mai au Génocentre d’Evry, salon n°3, 1 rue de l’Internationale à Evry. Renseignements et inscriptions au 01.60.87.78.34.

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4 réflexions au sujet de «  »

  1. Peut-il y voir un lien entre le fait d’avoir été traité des années durant par isoméride et le fait d’avoir déclenché une cirrhose du foie dont l’origine n’est pas alcoolique ?
    merci de m’éclairer sur ce sujet ;

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  2. Bonjour Ouali,
    je n’ai pas de réponse à vous apporter, L’Isoméride a été rendue responsable de décès et de cas d’hypertension artérielle pulmonaire. Diverses études ont prouvé que les personnes ayant pris de l’Isoméride ont 10 à 20 fois plus de risques de déclarer une hypertension artérielle pulmonaire que le reste de la population.
    L’hypertension artérielle pulmonaire est une maladie rare et grave (moins de 2 nouveaux cas par an et par million d’habitants). Les signes sont l’essoufflement, une grande fatigue, une toux sèche, des palpitations… Elle peut induire des embolies pulmonaires. Je ne suis pas médecin, simplement journaliste, mais à ma connaissance, je n’ai jamais entendu parler de lien entre la cirrhose et la prise de l’Isoméride.
    Bon courage Ouali

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