SOS Main Polynésie : une affaire de spécialistes

Photo : Parlonssante.com @Clinique Paofai

 

Fractures, écrasements ou amputations des doigts, brûlures… La traumatologie de la main représente une part importante des urgences chirurgicales (25%). Un service d’urgence spécialisée a été créé en Polynésie française à l’initiative de deux médecins, Guy-Paul Muller et Maxime Valla, c’est le tout premier de la région Pacifique. SOS Main Polynésie fonctionne 7 jours sur 7 à la clinique Paofai, basée à Papeete. Il y a bien sûr un numéro vert 444 070 (appel gratuit). Au bout du fil, on évalue le degré de complexité de la prise en charge, ainsi que le niveau d’urgence, immédiat ou différable. En cas de nécessité un chirurgien intervient.

 

La prise en charge médicale précoce que ce soit en terme de dépistage de pathologies lourdes, tel le cancer, ou de traumatologie, conditionne largement le pronostic final. Un diagnostic fiable doublé d’une intervention adaptée permet de réduire les séquelles pour le malade, tout en limitant l’impact économique pour la collectivité. Depuis février dernier, un service d’urgence appelé SOS Main fonctionne à la clinique Paofai de Papeete. Quatre chirurgiens assurent les astreintes. Si en Polynésie française et, dans la région Pacifique, c’est une première, en métropole et en Europe les services d’urgence de la main existent depuis de nombreuses années, (le premier centre a ouvert en 1972 à Paris), une Fédération européenne des services urgence main a même vu le jour. “La pathologie de la main bénéficie actuellement d’une prise en charge spécialisée dans la plupart des pays européens dont la France, reconnaît le docteur Guy-Paul Muller à l’origine de la mise en place de ce service avec le Docteur Maxime Valla. “Actuellement le titre de chirurgien de la main est une compétence reconnue par le conseil de l’ordre (2001). C’est une activité spécialisée qui relève de la compétence des chirurgiens de la main, orthopédiste et plasticiens formés. Ce n’est pas de la chirurgie générale”.

La première cause de blessures de la main est liée à l’activité professionnelle (amputations, écrasements), puis viennent les accidents domestiques (coupures, brûlures) et enfin les activités sportives (fractures, etc.). Aujourd’hui en Polynésie française, le service SOS Main fonctionne grâce à la participation de chirurgiens orthopédistes et plasticiens des trois établissements du secteur privé pour assurer la continuité des soins, les Dr Frédéric Evenat, le Dr Guy-Paul Muller, le Dr Christian Soderlund et enfin le Dr Maxime Valla. “On aimerait beaucoup associer les praticiens qualifiés du centre hospitalier dans le cadre de coopération publique/privée, mais à ce jour par manque de textes, ce n’est pas possible. On espère que ce dossier pourra évoluer favorablement”, remarque le Dr Guy-Paul Muller. La traumatologie de la main représente près de 25 % de l’activité des services d’urgence. Elle est la cause d’arrêts de travail prolongés, de déclassements professionnels, de dépenses de santé importantes, de pensions d’invalidité élevées… La prise en charge rapide dans des centres spécialisés est préconisée par l’ensemble de la communauté médicale. “L’objectif est d’orienter et de centraliser les urgences de la main vers une équipe spécialisée, note le Dr Muller. Il y a rarement d’urgence vitale en matière de blessures de la main, toutefois il y a des urgences extrêmes comme les amputations et les brûlures du troisième degré dont les séquelles peuvent être lourdes de conséquences pour le malade et la Caisse locale de sécurité sociale (taux d’invalidité, incapacité de travail…). La prise en charge par un spécialiste permet d’évaluer l’urgence et les soins à prodiguer”. En pratique, l’examen clinique de la main permet à lui seul -le plus souvent- d’évaluer la gravité de la lésion, le degré de complexité de la prise en charge, ainsi que le niveau d’urgence, immédiat ou différable. Les brûlures et les polytraumatisés avec lésions de la main, sont adressés au Centre hospitalier de Tahiti. “Les urgentistes assurent la prise en charge immédiate et les premiers soins, précise le Dr Guy-Paul Muller, les chirurgiens -quand cela est nécessaire- réparent les lésions au bloc opératoire. Nous sommes souvent contactés pour un conseil, l’urgentiste ou l’infirmier nous envoie une photo de la blessure et on évalue ensemble la conduite à tenir”. Les infirmiers assurent les pansements dans les suites post-opératoires, les orthésistes confectionnent des attelles sur mesures adaptées à chaque patient. Les kinésithérapeutes permettent la mobilisation précoce afin de récupérer la meilleure fonction dans un délai réduit. Un vrai travail d’équipe pour optimiser la qualité des soins, pour le bénéfice du patient et de la collectivité.

 Cl.C

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