Les enfants addicts aux écrans de plus en plus jeunes

Avant 3 ans, l’enfant a essentiellement besoin d’interagir avec son environnement. Il construit ses repères à travers les histoires, les jeux, la musique... Comme Léo, 15 mois qui s’amuse beaucoup avec ses gros cubes au milieu du salon !
Avant 3 ans, l’enfant a essentiellement besoin d’interagir avec son environnement. Il construit ses repères à travers les histoires, les jeux, la musique… Comme Léo, 15 mois qui s’amuse beaucoup avec ses gros cubes au milieu du salon !

Les pédiatres français ont mené une enquête auprès de 144 familles pour évaluer le phénomène des écrans chez les jeunes enfants. Le résultat est terrifiant. 47 % des enfants de moins de 3 ans utilisent des écrans (tablettes ou des smartphones). Ils y passent en moyenne 30 minutes par semaine et près d’un tiers d’entre eux (30 %) l’utilise sans la présence d’un adulte.  Les pédiatres tirent la sonnette d’alarme : l’enfant a besoin du monde réel pour bien grandir.

L’association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA) vient de réaliser une enquête sur la consommation des écrans chez l’enfant. Cette enquête a été réalisée en France par 144 pédiatres membres de l’association. Elle révèle notamment que 44 % des parents prêtent leur téléphone portable à leur enfant de moins de 3 ans pour l’occuper, le consoler… Et vient confirmer que les enfants deviennent adeptes des écrans de plus en plus tôt : près d’un enfant de moins de 3 ans sur 2 (47 %) a utilisé un écran nomade la semaine précédant l’enquête et 35 % ont regardé un programme TV non adapté à leur âge, notamment le journal télévisé (61 % d’entre eux). Aujourd’hui, les pédiatres ont un rôle majeur dans la prévention.

Avant 3 ans, ni tv, ni tablette !

Pour le Dr François-Marie Caron, pédiatre à Amiens cité dans l’étude, la règle “3-6-9-12” inventée par Serge Tisseron doit être appliquée. “Avant 3 ans, l’enfant a essentiellement besoin d’interagir avec son environnement. Il construit ses repères spatiaux (interactions de ses 5 sens avec l’environnement) et temporels (à travers les histoires qu’on lui raconte et les livres qu’il feuillette). Les jeux traditionnels et les livres sont donc à privilégier”. 47 % des enfants de moins de 3 ans utilisent des écrans interactifs comme des tablettes ou des smartphones (93 % à la maison et 12 % en voiture). Ils y passent en moyenne 30 minutes par semaine et près d’un tiers d’entre eux (30 %) l’utilise sans la présence d’un adulte. “L’enfant n’a pas besoin d’une tablette pour se développer. S’il n’en a pas, il ne prendra pas de “retard” sur les autres ! Et si l’enfant est demandeur, on peut l’initier à son utilisation, à partir de 2 ans et demi. Il est important de privilégier le jeu à partager, sans autre but que de jouer ensemble”, explique le Dr François-Marie Caron dans l’étude de l’AFPA.

Entre 3 et 6 ans, l’enfant a besoin d’explorer toutes ses possibilités sensorielles et manuelles (sa motricité, son langage, son graphisme, sa créativité…), de comprendre le monde qui l’entoure. L’utilisation des tablettes, même ludique, ne doit pas monopoliser l’attention de l’enfant et rester limitée : elle peut être intégrée dans l’apprentissage mais ne doit pas se substituer aux jouets traditionnels. 48 % des enfants de plus de 3 ans utilisent des écrans interactifs comme des tablettes ou des smartphones (97 % à la maison et 8 % en voiture). Ils y passent en moyenne 30 minutes par jour et la moitié d’entre eux l’utilise sans la présence d’un adulte. “À cet âge, il est indispensable de respecter 4 conditions : toujours utiliser la tablette sur des périodes courtes et jamais pendant le repas ou avant de dormir, être accompagné par un adulte ou un aîné, poursuivre l’unique objectif de jouer et utiliser des logiciels adaptés”, précise le Dr Caron. Bien que 62 % des familles avec enfants soient équipées d’une tablette et 92 % d’un ordinateur, les plus jeunes plébiscitent toujours la télévision. Si majoritairement, les enfants regardent des programmes pour leur âge, 37 % des moins de 3 ans et 17 % des plus de 3 ans visionnent des programmes non adaptés, notamment le journal télévisé (61 % des moins de 3 ans et
70 % des plus de 3 ans).

Des chiffres qui inquiètent les spécialistes : les programmes diffusés et la publicité incessante provoquent chez les plus jeunes une très forte charge émotionnelle. En France contrairement à d’autres pays, il n’a pas encore été possible de soustraire l’enfant au harcèlement publicitaire (surtout nutritionnel). Or, un enfant ne sait notamment pas la distinguer d’un programme TV avant l’âge de 5 ans. Une fois encore, il est important que l’enfant soit accompagné dans le décryptage des messages diffusés afin de ne pas se retrouver en situation de vulnérabilité. Avant 3 ans, il n’existe pas de programmes TV réellement adaptés. Plusieurs études prouvent que la télévision allumée nuit aux apprentissages de l’enfant même s’il ne la regarde pas. Si personne ne la regarde… mieux vaut l’éteindre vous ferez en plus des économies !

 Cl.C

Enquête “Les jeunes enfants et les écrans” menée par l’association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA)

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