« L’usage de médicaments tirés du cannabis contre les nausées et vomissements en cas de cancer ou de sida reste restreint, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), et suscite toujours des réticences parmi les spécialistes. « Pour l’instant, presque tous les aspects thérapeutiques du cannabis peuvent être remplacés par d’autres molécules très actives », selon le neurobiologiste français Jean-Paul Tassin, qui insiste sur la difficulté à dissocier les effets thérapeutiques des effets psychotropes du cannabis.

Des effets bénéfiques sur la mobilité des sclérosés en plaques ?

Destiné à stimuler l’appétit des malades du sida, ou à éviter les nausées pour les cancéreux en chimiothérapie, le dronabinol (nom commercial Marinol), médicament de synthèse copiant le principal principe actif du cannabis, le THC (tetrahydrocannabinol), a été introduit en 1987 sur le marché américain. Le Dr Tassin, directeur de recherches à l’Institut national français de la recherche médicale (Inserm), mentionne aussi le « petit cas particulier » du traitement du glaucome, certains patients se disant soulagés uniquement par le cannabis qui permet de diminuer la pression à l’intérieur de l’oeil. L’administration de cannabis pourrait d’autre part avoir un effet bénéfique sur la mobilité et la douleur des personnes souffrant de sclérose en plaques, selon une étude publiée en novembre 2003 dans la revue médicale britannique The Lancet. Mais le bilan reste mitigé, concluaient les auteurs qui jugeaient nécessaires de poursuivre les recherches.

Le laboratoire pharmaceutique britannique GW pharmaceuticals a pour sa part fait état, en janvier, de tests cliniques positifs d’un futur médicament contre la douleur après des essais sur une centaine de patients atteints de cancer à un stade avancé. La société, créée en 1998 pour mettre au point des médicaments à base de cannabis, espère obtenir cette année un feu vert des autorités sanitaires britanniques et canadiennes pour la commercialisation du Sativex (associant THC et cannabidiol).

Après les tentatives de copier le cannabis, c’est au contraire une molécule antagoniste, bloquant les récepteurs avec lequel le cannabis interfère au niveau du cerveau, qui devrait arriver bientôt sur le marché : le rimonabant, destiné à faciliter l’arrêt du tabac et à éviter l’obésité. Si on bloque les récepteurs au cannabis, un certain nombre de plaisirs et d’anticipation du plaisir vont disparaître, et en même temps, explique un scientifique, la tentation de trop manger ou de fumer »…

Source : Courrier international

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2 réflexions au sujet de «  »

  1. BRAVO POUR L’ARTICLE sur le cannabis à usage thérapeutique. Il faut pourtant reconnaître que les personnes atteintes de maladie incurable peuvent envisager de prendre du cannabis sous forme de médicament au même titre qu’elles sont prêtes à tout essayer afin d’avoir l’espoir de guèrir. Il est pourtant critiquable d’exploiter la douleur d’autant plus qu’à ce jour aucun médicament constitué de cannabis n’a amoindri ou guéri les maladies incurables….

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  2. Merci de votre commentaire, particulièrement intéressant. Juste une précision : L’usage de médicaments tirés du cannabis n’a effectivement pas comme finalité la guérison des malades. Toutefois, plusieurs études scientifiques démontrent qu’il peut soulager la douleur des patients en phase terminale, notamment lorsque la morphine ne suffit plus.

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