Chaque année, cinq millions de Français dévalent avec délectation les pistes enneigées. Ils sont 16000 à en revenir avec une entorse du genou. Face à la recrudescence de ces lésions ces quinze dernières années, les kinésithérapeutes et les professionnels de la montagne tirent la sonnette d’alarme et invitent les skieurs à plus de prudence. Une campagne d’information sur les réglages des fixations de ski, responsables de 43% des entorses, a été lancée. En parallèle, tous recommandent de skier à son rythme et surtout de se reposer. Une activité sportive régulière procure endurance et souplesse, une condition physique indispensable à la pratique d’une discipline sportive intense comme le ski. Fabien Le Bris, kinésithérapeute, précise les principes de base et préconise quelques exercices à réaliser quotidiennement avant le départ pour les stations de sport d’hiver.

16 000 entorses du genou par an, c’est un chiffre impressionnant. La pratique du ski est-elle dangereuse ?

Fabien Le Bris : «Pas nécessairement, à condition de respecter des règles simples de préparation, d’équipement et surtout d’écoute de l’organisme. L’accident le plus fréquent est l’entorse du genou (36% des cas). 43% des entorses du genou sont liés à un problème de fixations mal réglées. Lors d’une chute par déséquilibre arrière sans déchaussement du ski, le genou part en torsion. C’est l’action mal équilibrée du quadriceps (muscle situé devant la cuisse), trop fort par rapport aux ischios-jambiers (muscles arrières de la cuisse), trop faibles, qui entraîne la lésion du ligament croisé antérieur : c’est l’entorse du genou. Dans le cas d’un déséquilibre avant, si le genou reste stable, on déchausse plus facilement. En ski alpin, ce sont les femmes de plus de 25 ans qui sont les plus exposées à ce type de pathologie (3 fois plus que les hommes), et ce pour des raisons anatomiques et physiologiques. Par ailleurs, concernant les chutes en snow board, les genoux sont moins exposés : ce sont les fractures des poignets, des coudes et des avant-bras qui sont les plus représentées (20% des accidents)».

Comment prévenir de façon efficace cet accident ?

F. L. B. : «Une grande campagne de prévention a été lancée dans les stations de ski. Le principe est de dire que le matériel doit être adapté à chacun et que les fixations doivent être “Juste assez serrées”. Que l’on possède ou non son propre équipement, il ne faut pas hésiter en cas de doute, à le faire vérifier et ajuster par un spécialiste. De la même façon, pour minimiser les risques d’entorse, il faut “savoir tomber” : mains en avant, genoux tendus, on se laisse tomber sur le côté. Il ne faut pas essayer coûte que coûte de se rétablir car c’est la meilleure façon de se blesser. De plus, mieux vaut préférer des vêtements “techniques” (combinaison, lunettes, gants…), qui protègent mieux que la superposition de vêtements. Par ailleurs, ne pas oublier que les enfants doivent être casqués».

Outre des fixations bien réglées, qu’entendez-vous par un matériel adapté ?

F.L. B. : «Simplement qu’il faut le choisir en fonction de ses propres caractéristiques : sa morphologie évidemment mais aussi son niveau, son âge, son “style de glisse”… Ainsi, les skis paraboliques très en vogue ne sont pas à mettre entre toutes les chaussures car ils nécessitent des muscles assez puissants et rendent la pratique du “chasse-neige” quasi impossible (déconseillés aux débutants). De même, les snow boarders pourront se munir de protections des poignets et des genoux».

Y a-t-il une limite d’âge à la pratique du ski ?

F.L. B. : «Pas vraiment, il faut toutefois rester en accord avec ses possibilités et adapter sa préparation en rapport avec ses propres objectifs. Faire du ski est un exercice physique intense pour ceux qui ne pratiquent aucun sport en cours d’année. Il faut savoir préparer son corps et ses muscles à ce type d’effort. Il ne faut pas foncer vers les pistes après un long trajet. Il faut respecter sa fatigue pour ne pas risquer “la piste de trop”. La fatigue est source d’accidents. Il est indispensable de dormir au moins 8h pour bien récupérer entre chaque journée et ménager des temps de repos plus importants pour les plus jeunes».

Avez-vous d’autres recommandations à faire à nos lecteurs ?

F.L. B. : «Oui, qu’ils n’oublient pas de se protéger la peau et les lèvres des rayons UV, plus on monte en altitude plus on est exposé aux coups de soleil. Il faut aussi penser à boire au moins deux litres d’eau par jour. Après une bonne nuit de sommeil, les skieurs devront prendre un petit déjeuner varié et équilibré avec céréales, fruits, fruits secs, laitages, pains et autres sucres lents. Les repas devront être riches en protéines (œufs, poissons, viandes). Les enfants pourront manger des barres chocolatées ou de céréales, sources d’énergie».

Propos recueillis par C.C.

En chiffres

• 5 millions de Français pratiquent le ski, dont 93 000 le ski alpin.
• 130 000 accidents par an, dont 16 000 entorses du genou. Ce qui représente 36 % des accidents. On dénombre également 20 % de fractures et de luxations, 14 % de bobologie et 2 % de traumatismes crâniens (2 600 cas par an).

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