Pédiatrie : Des P’tits aitos (guerriers) gonflés à bloc à Tahiti

Ivy, Elisabeth et Rosita, une équipe de choc au bloc de Tahiti ! @parlonssante.com

Le passage au bloc opératoire peut être effrayant, surtout vu avec des yeux d’enfant. Pour éviter que cet événement se transforme en traumatisme, des associations travaillent à améliorer cet accueil. A Tahiti, les P’tits Aitos sont mobilisés à l’hôpital de Taaone : couleurs sur les murs, masques parfumés, livres et doudous… Un arsenal complet est déployé pour réconforter les petits patients.

Les P’tits Aitos est une association créée à l’hôpital de Taaone pour améliorer la qualité de l’accueil des enfants devant subir une intervention chirurgicale au bloc opératoire. Sophie Edelson et Mathieu Cheroux, infirmiers anesthésistes, et Patrick Ferret, infirmier au bloc opératoire, sont à l’origine de ce projet qui consiste à mettre en place des actions pour préparer les petits patients en douceur à des soins douloureux, à l’anesthésie et à l’opération.

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Les enfants peuvent personnaliser leur masque, avec des autocollants et des crayons parfumés ! @parlonssante.com

“L’hôpital, c’est effrayant pour un enfant, avec que des adultes vêtus de vert dans un environnement blanc. Quand l’enfant arrive au bloc, il ne voit que des yeux, les visages sont masqués, il y a des bruits nouveaux, parfois des cris et puis il y a les soins, les piqûres, la séparation avec les parents qui s’annonce… C’est angoissant. Notre association tente d’améliorer au maximum cet accueil pour gagner la confiance de l’enfant et rendre les gestes techniques et les soins plus ludiques”, explique Sophie Edelson.

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A Tahiti des soignants s’investissent pour réconforter les enfants avant leur passage au bloc opératoire : “C’est beaucoup d’énergie, mais ça vaut le coup”

Interview de Sophie Edelson, infirmière anesthésiste, présidente des “P’tits Aitos du fenua”, une association qui oeuvre pour optimiser et humaniser l’accueil des enfants à quelques minutes de leur passage au bloc opératoire. Du réconfort et de l’amour pour rassurer l’enfant.

Pourquoi est-ce si important de réserver un accueil particulier aux enfants à quelques minutes d’une opération ?

« Si l’accueil est optimal, que l’enfant est en confiance, il ne gardera pas un mauvais souvenir de son passage au bloc. Nous n’avons que quelques minutes pour optimiser cet accueil, le personnaliser au maximum et rassurer l’enfant car l’anesthésie inquiète. Les enfants ont peur de s’endormir. Dans sa vie, l’enfant reviendra sûrement à l’hôpital, autant que ce premier contact soit le plus serein possible. En humanisant les lieux, en décorant les murs, en distribuant des badges avec les prénoms des soignants, en permettant à l’enfant de s’approprier son masque d’anesthésie, de le parfumer, de choisir un doudou qu’il emportera, on crée du lien avec lui. On lui explique ce qui va se passer, que sa maman sera là au réveil. On lui sourit, on le réconforte. C’est un discours à trois avec l’enfant, le parent et l’équipe médicale. Ce sont des étapes essentielles. Si on les réussit, c’est 80 % du travail qui est réalisé ».

Pour créer du lien avec l’enfant des badges personnalisés sont proposés aux soignants. @parlonssante.com

Mais le temps est compté. Vous ne voyez l’enfant que très peu de temps avant l’intervention…

« Oui, c’est pourquoi il ne faut pas se louper. La salle a été décorée, nous avons de grosses peluches, des gommettes pour les masques et des stylos parfumés. Les enfants adorent lire nos prénoms sur nos badges. Peu à peu, les choses bougent, mais ce n’est pas simple car il faut aussi des financements. Nous commençons à nous faire connaître, ça aide. Les crayons parfumés, je les ai ramenés de France, on n’en trouve pas sur le territoire. La pharmacienne de l’hôpital a commandé des coiffes avec des motifs, des fleurs, ça changera du vert, mais tout cela à un coût et c’est là que l’association a son rôle à jouer pour financer des améliorations pour soigner l’accueil des enfants. Nous aimerions avoir une fiche d’information sur l’enfant avec des précisions sur ses goûts et ses passions, cela permettrait de faire connaissance plus rapidement. Pourquoi pas rencontrer les familles et l’enfant lors de l’entretien avec l’anesthésiste qui est obligatoire ? C’est une idée, nous travaillons dessus, mais nous sommes une association et tout repose sur les bonnes volontés, mais ça avance bien ».

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