La santé des femmes sacrifiée sur l’autel de la rentabilité. Ce ne serait pas une première… Le sang contaminé c’était aussi pour des questions de gros sous qu’ils ne l’ont pas chauffé. Combien sont-elles ces femmes à porter dans leur corps des prothèses mammaires remplies d’un gel de silicone dangereux car non adapté à un usage médical ? 30 000 en France selon les autoritaires sanitaires, mais à l’étranger l’estimation est plus délicate. La société incriminée (Poly implants prothèses sise dans le Var) exportait 80% de sa production. Fuites de silicone, tumeurs cancéreuses, les soupçons ont fait place cette semaine au principe de précaution.

C’est le quotidien Libération qui l’annonce ce matin, les autorités sanitaires vont inviter toutes les femmes concernées à se faire retirer les fameux implants dès que possible. « C’est une première dans l’histoire de la chirurgie esthétique » précise le quotidien. Une réunion organisée avec les associations de victimes autour de Xavier Bertrand, le ministre de la Santé a accéléré la prise de conscience cette semaine. Aujourd’hui, la Direction générale de la santé a annoncé que « toutes les femmes porteuses d’implants PIP seront remboursées de leurs frais médicaux et chirurgicaux liés à l’explantation (le retrait) ». Mais pas le remplacement des prothèses à des fins esthétiques, seules les femmes qui relèvent d’une chirurgie réparatrice après un cancer du sein seront remboursées de la pose de nouveaux implants.

Un, deux quatre, huit cancers recensés chez des patientes porteuses des implants PIP… 2200 plaintes et une information judiciaire ouverte à Marseille pour « homicide involontaire » suite au décès d’une femme opérée. Ça commençait à faire beaucoup. Comme pour l’affaire du Médiator, des médecins ont tenté d’alerter l’AFssaps… en vain jusqu’en 2010 où suite à un grand nombre de fuites détectées sur ces implants, leur commercialisation a été suspendue et la société PIP fermée. Bon, je vous rappelle que nous sommes quand même fin décembre 2011, dix mois après avoir suspendu la pose des implants, on s’interroge sur la santé de celles qui vivent avec… suite aux décès de certaines ! Quelle réactivité !

Dans une interview publiée par nos confrères du magazine ELLE.fr, Richard Abs, chirurgien esthétique à Paris a brisé la semaine dernière la sacro sainte, omerta du secret médical. « En 2009, alerté par des taux de ruptures anormalement élevés, ce chirurgien esthétique marseillais a alerté ses collègues du syndicat national de chirurgie plastique, reconstructive et esthétique (SNCPRE), un an avant que l’Afssaps ne retire les prothèses du marché. Aujourd’hui, confronté à l’angoisse des porteuses suite à l’annonce de deux décès et d’un nouveau cas de cancer, il estime que l’on a trop attendu pour prendre les victimes intégralement en charge. « Il faut respecter ces patientes qui sont des victimes, tout comme nous les chirurgiens, de cette fraude au gel de silicone… C’est un problème de santé publique. Nous plaidons pour un plan national d’explantation, pour que toutes les femmes qui souhaitent se débarrasser de ces prothèses frauduleuses puissent le faire sans obstacle et puissent mettre cette histoire derrière elle. N’oublions pas que ces femmes sont nos épouses, nos sœurs, nos filles. Que faut-il attendre de plus pour qu’elles soient remboursées et puissent avoir l’esprit tranquille ? »

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