Interview d’un chirurgien

Docteur Pascal Szym,
Chirurgien en clinique

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Qui peut subir une gastroplastie ?
“Les personnes âgées de 18 à 60 ans présentant une obésité morbide, ce qui signifie que leur indice de masse corporelle est égal ou supérieur à 40*. Pour une prise en charge par les caisses d’assurance maladie, il y aussi un protocole à suivre et des consultations de spécialistes”.

Quels sont les risques ?
“Les mêmes que pour toutes interventions chirurgicales sous anesthésie générale. En Polynésie, sur 2000 opérations en neuf ans, il y a eu deux décès, c’est dramatique bien sûr, mais le taux de mortalité en France liée à ce type d’intervention est de 1 pour 1000. Il n’y a pas d’intervention chirurgicale sous anesthésie sans risque”.


Certains évoquent des “migrations” de l’anneau, qu’est-ce que c’est ?
“Non l’anneau ne migre pas tout seul. Les spasmes liés aux vomissements peuvent le faire glisser et le déplacer le long de l’estomac, mais il ne peut pas migrer ailleurs. Il peut y avoir des infections, elles proviennent généralement du boîtier (qui sert à régler le serrage de l’anneau). Cela reste rare. Si cela perdure nous retirons le boîtier”.

Quelles sont les limites de la gastroplastie ?
“Il faut un suivi médical régulier pour évaluer la perte de poids et discuter avec le patient. Nous rencontrons un problème avec les opérés qui repartent dans les îles. Pour eux, je préconise l’opération Sleeve, c’est une gastrectomie verticale (ablation d’une partie de l’estomac), le suivi médical est moindre”.

Quelles sont les différences entre l’anneau gastrique et le “Sleeve” ?
“La pose de l’anneau est une intervention très rapide, 30 mn. On peut le retirer quand on veut. Il demande par contre un suivi médical. La perte de poids moyenne, la première année est de 24 kg (chiffre calculé par la caisse d’assurance maladie locale c’est un peu sous estimé), 32 kg la seconde.

Au-delà de deux ans, la perte de poids s’essouffle. En revanche, l’’état de santé des opérés s’est toujours amélioré. 33% n’ont même plus de diabète. Le sleeve est plus radical comme technique mais plus efficace aussi. La perte de poids est de 40 à 50 kg et, surtout, le suivi médical est plus simple. L’inconvénient c’est l’irréversibilité. L’estomac est coupé. L’intervention est plus compliquée, mais pas plus risquée”.

Parlez-nous de la troisième technique la “dérivation” by pass ?
“Elle n’est pas pratiquée ici, mais est fréquente aux USA C’est une dérivation digestive, une intervention plus lourde, très efficace mais mutilante aussi. Il faut un suivi médical important et notamment une alimentation avec une supplémentation, il y a des risques de dénutrition”.

Effectivement, ça fait peur…
“L’Organisation mondiale de la Santé prend le problème très au sérieux, elle qualifie l’obésité de handicap, personnellement je pense que l’anneau est un moyen de torture… Mais ces personnes sont en très grande souffrance. C’est regrettable d’en arriver à de telles extrémités ”.

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