Au lendemain de l’annonce de la 3e greffe de cœur Carmat à l’hôpital Georges-Pompidou, on apprenait le décès du 2e patient à avoir reçu un cœur artificiel total, un homme âgé de 69 ans. Cet essai de faisabilité mené par la société Carmat porte sur l’implantation de cœur artificiel sur quatre patients en insuffisance cardiaque biventriculaire irréversible dont le pronostic vital est engagé à brève échéance.
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Le premier greffé, un homme de 76 ans, a vécu 74 jours avec cette prothèse avant qu’elle s’arrête brusquement. Le second, décédé le 1er mai dernier, aura survécu 9 mois.

Ironie du sort, le 28 avril, Marcello Conviti, le directeur général de Carmat félicitait pour cette 3e greffe, les équipes médicales tout en se réjouissant « du bon état de santé du 2e patient, implanté en août 2014, qui a pu retrouver une vie normale après son retour à domicile en début d’année« . Deux jours plus tard, le 2e greffé du cœur Carmat mourrait.

Hospitalisé à Nantes, vendredi 1er mai dans la soirée à la suite d’une insuffisance circulatoire suite à une dérive fonctionnelle de la prothèse, l’homme a été placé sous assistance cardio respiratoire en unité de soins intensifs, il a subi une nouvelle transplantation le samedi 2 mai. Si l’opération a été menée à son terme et la circulation sanguine a été rétablie, le patient a succombé « à des complications poly-viscérales post opératoires« , indique dans un communiqué la société Carmat qui ajoute que : « Cet évènement est à situer dans le contexte de la phase d’essai de faisabilité d’un dispositif extrêmement innovant pour des malades souffrant d’insuffisance cardiaque terminale.

La Société reste résolument confiante dans la capacité de la prothèse et renouvelle l’engagement total de ses équipes en ce sens« . Ces deux décès ne devraient donc pas remettre en cause l’essai, en effet les critères de succès comportent -entre autres- la survie à 30 jours après l’implantation et la récupération fonctionnelle des organes vitaux.

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Mme Amilhat et le chirurgien qui l'a opérée il y a 26 ans.Vingt six ans après une double greffe cœur-poumons, Anne-Marie Amilhat, 65 ans est en pleine forme. La double transplantation dont elle a bénéficiée, une première en France, lui a sauvé la vie. Jeudi pour célébrer cet exploit médical relevé en 1988 par l’équipe du Pr Philippe Dartevelle au centre chirurgical Marie Lannelongue, une réception a rassemblé greffés et médecins. « Avant, j’étouffais. Faire les courses était devenu un calvaire, et même passer le balai », témoignait Anne-Marie. C’est simple à l’époque : « Elle ne pouvait plus rien faire », confie son mari, « Elle était livide ». A 39 ans, Anne-Marie, mère de famille ariégeoise est dans une impasse. Elle souffre d’une hypertension artérielle pulmonaire au stade terminal, seule une greffe du cœur et des poumons peut la sauver. Elle accepte l’opération, malgré les risques et ils sont réels. Jamais en France la double transplantation n’a été réalisée, c’est un défi médical, une technique difficile, audacieuse mais salvatrice, l’espoir d’une vie meilleure. Toute sa région se mobilise pour collecter des fonds, Anne-Marie n’oubliera jamais « cet élan de solidarité qui l’a beaucoup aidée dans cette aventure ».

Vingt six ans plus tard, la transplantation est une pratique médicale courante qui sauve de très nombreuses vies. Certes les traitements anti-rejets sont lourds mais ils permettent de faire des projets, de voyager, de travailler, de voir ses enfants grandir… De vivre tout simplement !