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Fin de vie : le chanteur jeunesse, Jean-Luc Brouillon veut choisir quand il quittera la scène

Depuis le mois dernier et durant six mois, une consultation citoyenne va s’attaquer à un sujet tabou : la légalisation (ou non) de l’aide active à mourir en France. L’objectif est de parvenir à la rédaction d’un texte de loi en 2023 qui dépénaliserait l’euthanasie, notamment lorsque la personne est atteinte par une maladie neurodégénérative grave.

Si le président Macron s’est déclaré favorable à titre personnel à une évolution vers un modèle équivalent à celui mis en place en Belgique, le Comité d’Ethique a, quant à lui, ouvert la voie à une « aide active à mourir » en France, mais strictement encadrée. Des avancées encourageantes pour tous ceux qui militent pour le droit de choisir, c’est le cas de Jean-Luc Brouillon, auteur, compositeur, militant du Droit de mourir dans la dignité (DDMDL) et membre de l’association Choix citoyen.

A 64 ans, cet artiste de chansons jeune public, trompettiste et ancien directeur de chorales lutte contre un cancer pancréatique métastatique. Et, contrairement à ses parents victimes de cancers qu’il a vues décliner, souffrir et qu’il a accompagnés jusqu’au bout. Lui, veut avoir le choix de « sa sortie de scène ». Avec son titre « Quand je sors », il donne de la voix à son combat. 

Paroles à l’artiste auvergnat, Jean-Luc Brouillon, 64 ans, militant du droit à mourir dans la dignité

« Avec le vieillissement de la population, tout le monde sera confronté de près ou de loin à cette question, il faudra bien y répondre, assène Jean-Luc, auteur, compositeur et interprète depuis près de quarante ans. « C’est dans la logique des choses, 90% des Français sont favorables à cela. Mais il y aura des lobbys bien sûr. Ce n’est pas parce que la loi y sera favorable que l’on sera obligé d’y avoir recours. C’est de choix qu’il est question. Aujourd’hui, quels sont les choix des soignants ? Laisser traîner une sédation profonde qui induit l’arrêt de l’hydratation et de la nutrition artificielles de son patient qui leur de faim et de soif à petits feux ou forcer sur la morphine pour abréger ses souffrances ? Cela se fait, mais cela ne se dit pas. Il est temps d’entendre la voix des patients et de prendre en compte leur choix. J’ai du mal à comprendre qu’en France aujourd’hui, on n’est pas ce choix alors qu’en Suisse, en Belgique et même dans des pays catholiques comme l’Espagne ou le Portugal, ces dispositions sont déjà mises en place« .

Vous menez un combat personnel pour faire changer la loi sur la fin de vie en France, racontez-nous les raisons de votre engagement ?

J.-L. Brouillon : « Cette démarche je ne l’aurais pas forcément faite si je n’avais pas été intimement concerné. Mes parents ont été emportés par le cancer, j’étais auprès d’eux. Mon père a succombé à un cancer de la prostate et ma mère à un cancer des voix biliaires. J’ai écrit le texte de « Quand je sors » pour eux, pour que les patients en fin de vie puissent avoir le choix du moment du départ. Aujourd’hui, moi-même atteint d’un cancer du pancréas au stade métastasique, je me sens encore plus légitime de porter cette chanson et de mener ce combat. Tant que mon état est stationnaire et que je peux encore vivre, je n’envisage pas de partir en Belgique ou ailleurs. Mais quand l’heure viendra, j’espère que je pourrais rester en France et que la loi aura changé».

Où en êtes-vous dans votre traitement médical ?

J.-L. Brouillon : « J’ai appris le 13 octobre que mon cancer était au stade métastatique. Je suis condamné à la chimiothérapie à vie. J’en suis à ma 17e séance et si j’arrête, le cancer reprendra. Pour l’instant mon dernier IRM indique que mon cancer est stationnaire. Je continue de vivre et de travailler. De voir des amis et ma famille, quand je vais bien. Car quand je suis mal, je préfère rester seul. Après les premières séances de chimio, j’étais tellement vidé, épuisé que je ne pouvais rien faire. Mes cousins et mes proches m’ont bien entouré et aidé ». 

Comment allez-vous aujourd’hui ?

J.-L. Brouillon : « Maintenant, je ressens toujours une grande fatigue les deux ou trois jours qui suivent les séances, mais je reprends plus vite le dessus. Plusieurs fois par semaine, j’ai un coach sportif qui vient chez moi pour m’aider à faire du renforcement musculaire. C’est une personnalité positive et dynamique, cela me permet de m’évader un peu. Je rejoue de la trompette et je travaille sur un projet».

Sur quel projet travaillez-vous ?

J.-L. Brouillon : « J’ai terminé en studio de nouveaux arrangements pour des chants de Noël que j’ai composés il y a 25 ans. Le titre est : »Noël Aujourd’hui ou demain », les chants sont interprétés par des écoliers. Je suis très heureux que mon répertoire vive toujours, au travers d’autres pédagogues et surtout qu’il soit interprété par des enfants».

Propos recueillis par Cl. C

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