Journée du handicap : interview d’Edouard Detrez, 26 ans, créateur de la marque « Le fauteuil roulant français »

LE FAUTEUIL ROULANT FrançaisA 26 ans, Edouard Detrez est le créateur de la marque « Le fauteuil roulant français ». Ce jeune entrepreneur originaire du Gers ambitionne de réindustrialiser la fabrication de fauteuils roulants made in France pour les actifs et les sportifs et ainsi proposer aux personnes en fauteuils des modèles plus légers, plus maniables et surtout personnalisables avec un large choix de couleurs, de matières, de coussins amovibles (une exclusivité Systam pour le Fauteuil roulant français).
En deux ans d’existence, son entreprise a déjà livré plus de cinquante fauteuils roulants conçus et réalisés dans des ateliers en France. Le Fauteuil roulant français c’est déjà quatre emplois en mécanique de précision de créés. Et le carnet de commandes ne cesse de se remplir tant la demande est forte, mais aujourd’hui son entreprise a besoin de partenaires, d’investisseurs pour passer à la vitesse supérieure et lancer la fabrication de fauteuils ultra maniables notamment destinés aux sportifs, aux actifs, aux jeunes !
Entouré par sa famille qui vit intensément l’aventure avec lui, Edouard rêve de voir en 2024 les athlètes français des JO paralympiques évoluer au tennis et au basket sur ses fauteuils made in France. Interview d’un entrepreneur fonceur et très convaincant !

Vous êtes le créateur de la marque « Le fauteuil roulant français », racontez-nous ce qui vous a décidé à devenir entrepreneur ?

« Étant handicapé de naissance, j’ai toujours eu ce vécu d’une personne en fauteuil. Je suis passé de la poussette… au fauteuil roulant. Il y a trois ans j’ai voulu changer de fauteuil et en faisant des recherches je me suis aperçu qu’en France on ne fabriquait que des fauteuils médicalisés, les modèles plus légers et plus maniables venant en majorité des États-Unis j’ai été surpris et surtout je me suis dit c’est dommage car ces fauteuils sont financés par la collectivité (sécurité sociale, maison du handicap, mutuelle) à 50% voire même 100% et c’est regrettable que cet argent ne soit pas réinjecté dans l’économie française alors que les savoir-faire industriels existent. J’ai donc décidé de me lancer et de faire le pari de réindustrialiser le fauteuil roulant en France. A l’époque j’avais 23 ans, mon père m’a mis en garde au début sur l’envergure du challenge, mais j’étais déterminé et aujourd’hui toute ma famille me suit, mon frère travaille avec moi, c’est une vraie aventure familiale. Je veux changer l’image du fauteuil roulant, le rendre plus adapté aux modes de vie, aux envies, je veux que le fauteuil devienne un accessoire de mode, qu’il soit à l’image de la personne, qu’il reflète sa personnalité… et qu’il soit made in France ».

Le fauteuil roulant français @parlonssante.com
Le Fauteuil roulant français dépoussière l’image du fauteuil roulant ! Stylé, moderne, léger, confortable, ergonomique et personnalisable !

Sacré challenge, vous avez étudié le marché avant de vous lancer ?

« Oui, le marché sur notre produit est estimé à 200 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. En France, 650 000 personnes se déplacent en fauteuil roulant. Elles sont jeunes et exigeantes, elles attendent des produits plus légers et personnalisables avec des couleurs ! On le voit aux retours que l’on a, il y a un marché et une demande. Quand j’ai créé l’entreprise en août 2015, les gens avaient envie d’acquérir rapidement leur fauteuil, mais ce type de matériel doit passer des homologations du ministère de la Défense (historiquement il s’agissait d’équiper les invalides de guerre, l’instruction des homologations est restée propre à ce ministère) afin d’être prise en charge par la sécurité sociale.

On a commencé à commercialiser en juin 2016, presque un an après la création. On a cherché des sous-traitants de proximité qui ont fabriqué des prototypes. Aujourd’hui, on a sept à huit sous-traitants et trois à quatre emplois dédiés en mécanique de précision, sellerie, mise au point de la partie carbone…  Cette aventure est vraiment formidable, elle met en synergie d’autres entrepreneurs français, ainsi notre logo a été réalisé par Le Slip français, demain je suis sûr que toute cette synergie sera porteuse, il y a énormément de choses à développer ».

Quels sont vos objectifs de développement ?

« A 5 ans, 30 emplois de créés et devenir un acteur majeur du fauteuil roulant pour actifs et sportifs, concurrencer les grands marques (notamment US), conquérir 10 à 15% du marché français et 3% au niveau européen. Nous sommes déjà présents en Suisse. On est sur une activité à fort potentiel. Sur le marché français cela représente environ 2000 fauteuils par an. On a vendu plus de 50 fauteuils à ce jour, il nous faut toute une gamme de produits pour répondre à plusieurs handicaps, un fauteuil très léger, un autre très réglable pour s’adapter à l’évolution de la personne. La recherche de partenaires est déterminante pour le développement de cette gamme. »

Le fauteuil français 1@parlonssante.com
Ce fauteuil roulant est conçu et réalisé en France, pas des techniciens dotés d’un savoir-faire incroyable !

Quel est le projet qui vous tient à cœur aujourd’hui ?

« Équiper les athlètes des JO paralympiques de 2024. Aujourd’hui, ils ont un équipementier français mais ils sont sur des fauteuils qui ne le sont pas. Quel rayonnement pour nos savoir-faire de permettre à ces sportifs de réaliser des performances avec du matériel français aux JO ».

C’est un formidable projet qui devrait enthousiasmer les autorités sportives, ministères des Sports, de la Famille, comité français olympique, la mairie de Paris… vous suivent bien sûr ? En tête, j’imagine le Président Emmanuel Macron qui était lui-même dans un fauteuil roulant pour jouer tennis lors du lancement des JO 2024 à Paris en juin dernier ?

« Eh bien, je dois dire que c’est délicat d’avoir des contacts ce n’est pas faute de solliciter toutes les instances… Je suis persuadé que c’est un énorme marché en termes de chiffre d’affaires, mais aussi d’emplois créés sans parler de la qualité de vie et de l’autonomie que ces fauteuils procureront aux usagers. Et puis quel rayonnement pour notre industrie française, les JO sont suivis dans le monde entier. C’est le cœur de ma démarche actuellement d’interpeller les autorités sur ce point, je suis extrêmement mondialiste, car le but est aussi d’exporter ce savoir-faire industriel français. On a pourtant une formidable carte à jouer avec ces jeux paralympiques de Paris, j’ai vu cette image incroyable du Président Emmanuel Macron dans un fauteuil qui jouait au tennis, mais ce que j’aurais aimé c’est qu’il sache qu’il aurait pu être dans du matériel français ! On défend tout un savoir-faire, voyez les sangles sont en cuir au niveau de l’assise pour un maximum de confort, ce savoir-faire pour qu’il puisse grandir a besoin d’investisseurs ! »

« J’ai beaucoup d’amis qui font partie des sportifs paralympiques, je connais leurs exigences en matériel, ce sont de grands actifs, ils ont besoin de fauteuils ultra légers. C’est cette nouvelle gamme, ces innovations qui pourront bénéficier à de nombreuses personnes que je souhaite lancer ».

Lundi 9 octobre 2017, c’était la journée mondiale du handicap, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

« Une journée de plus ! Malheureusement c’est une journée comme les autres on en parle pas suffisamment. J’ai eu une interview ce matin sur BFM business, c’est déjà ça, mais ça mériterait tellement plus. C’est pareil en novembre il y a la semaine pour l’emploi des travailleurs handicapés, c’est très peu médiatisé. Heureusement il y a du positif, les JO paralympiques de Rio ont eu un bel écho il faut le reconnaître -avant pratiquement rien- et là cette édition a été bien médiatisée. Il y a douze millions de personnes en situation de handicap et je reste bouche-bée du peu d’informations qui sont relayées sur leur quotidien. Mais il ne faudrait pas se limiter à une journée ou à une semaine dans l’année ! Mais bon, il faut être positif ça bouge depuis quelques années, doucement, il y avait le week-end dernier la 1re élection de miss Monde en fauteuil roulant à Varsovie j’ai deux amies françaises qui y ont participé d’ailleurs et j’ai trouvé cela très bien. « 

Interview réalisée par Cl. Chunlaud

 

Logo Le fauteuil français @parlonssante.comPour soutenir l’aventure du Fauteuil roulant français, contactez Edouard Detrez au 05 62 67 10 39, site ici   Page Facebook Le fauteuil roulant français

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