« Il faut mettre en place une stratégie de prévention

Rencontre avec le professeur Jean-Marie Ekoe, endocrinologue de Montréal, spécialiste dans les domaines du diabète et de la nutrition, au terme d’un séjour en Polynésie française.

Professeur Ekoe, vous achevez votre troisième visite en Polynésie française, le diabète continue de faire de nouvelles victimes, quelle est votre analyse de la situation ?

« Les Polynésiens ont un goût prononcé pour les mets sucrés. J’ai remarqué d’ailleurs qu’ici les plats déjà préparés sont généralement plus sucrés et plus salés qu’ailleurs. Les yaourts par exemple, même « nature » sont sucrés.
J’ai été surpris de découvrir la composition des fameux casse-croûte : des frites, du beurre, de la viande, de la mayonnaise et parfois même des oeufs. Le tout dans demi-baguette de pain consommé avec un soda gorgé de sucre… C’est incroyable !
Il faut s’attaquer aux habitudes de consommation de la population. Il faut l’éduquer à cuisiner différemment. Il faut que les autorités réalisent un gros travail d’information sur l’alimentation. Il faut informer, conseiller, prévenir l’apparition du diabète, mais aussi de toutes les maladies liées au surpoids. Car une alimentation riche en sucres, en graisses, en protéines, fatigue le pancréas. On ne le dira jamais assez : la prévention est la clef du succès. …videmment, ces actions ont eu coût, mais à moyen et long termes, la prise en charge du diabète, de l’hypertension et de l’obésité sera phénoménale. C’est aujourd’hui qu’il faut prévenir. Les enfants sont l’avenir. C’est à eux qu’il faut penser en priorité. Je pense qu’à force d’en parler, le message finira par être entendu. »

Vous avez eu diverses rencontres, avec les autorités sanitaires notamment. Selon vous, quelles sont les actions prioritaires à mener ?

« J’ai apprécié la rencontre avec les autorités sanitaires, la CPS et les médecins. Nous avons eu des échanges fructueux sur le diabète précoce. Les autorités semblent sensibilisées aux coûts inhérents aux pathologies du diabète (insuffisances cardiaques et oculaires, amputations, hospitalisations). Il faut passer aux actes. Je crois qu’il est important, aujourd’hui, de mettre en place une stratégie de prévention. Les actions de dépistage menées par l’association des diabétiques et des obèses de Polynésie française, tous les mois, vont dans le bon sens. Il faut encourager ce type d’actions. Il faut les aider financièrement. Cette association est composée de bénévoles qui paient de leurs poches le matériel pour effectuer les dépistages. Ce n’est pas normal. Plus on sera nombreux à lutter contre le diabète, plus on aura de chance de le faire reculer. »

De notre correspondant en PF CC.

18 % de la population est diabétique

En Polynésie française, une étude réalisée en 1995 montre que le diabète touche 18 % de la population adulte, avec prépondérance féminine (22 % de diabétiques chez les femmes et 14% chez les hommes). La prévalence des anomalies glucidiques (pré-diabète) est estimée à 33 %. La prise en charge de la maladie représente aujourd’hui 40 % du budget de la CPS (sécurité sociale locale).

Le diabète est une maladie insidieuse, qui passe souvent inaperçue. Il faut donc s’en méfier car les signes peuvent mettre plusieurs années à se manifester alors que la maladie est déjà bien présente. Le diabète de type 2, ou diabète gras, le plus fréquent en Polynésie française, est lié à la déficience de l’insuline, une hormone-clé chargée de la bonne assimilation du sucre par notre organisme. Elle permet de maintenir le taux de sucre dans le sang (ou glycémie) à un niveau normal. En cas de diabète, cette hormone n’arrivant plus à assumer ce rôle de régulateur, la glycémie devient trop élevée ; ce qui endommagera à la longue les vaisseaux sanguins et ouvrira la porte à toute une série de complications sévères au niveau du cur, des reins, du cerveau, des yeux, du système nerveux, des pieds et même de l’activité sexuelle.

Mesurer le taux de sucre dans le sang reste la seule manière de dépister cette affection sournoise. L’intérêt d’un diagnostic précoce, c’est de permettre de débuter plus tôt une prise en charge médicale, de la maladie. Le dépistage s’adresse aux personnes de plus de 25 ans qui présentent un ou plusieurs de ces facteurs de risques : avoir un parent, un frère, une sur diabétique, être en excès de poids, avoir une vie sédentaire, souffrir d’hypertension artérielle, avoir trop de graisses (cholestérol, triglycérides) dans le sang, avoir développé un diabète pendant la grossesse, avoir mis au monde un bébé de plus de 4 kg.

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7 réflexions au sujet de «  »

  1. bonjour
    moi aussi je suis diabétique et je n’ai que 15 ans (diabète de type 1),
    parfois c’est très dure mais il faut voir la vie de façon positive.
    j’ai d’ailleurs écris un article sur le diabète qui parraîttra bientôt.

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  2. Coucou Claire!
    Coucou les amis virtuels!
    Bisous et bonne année … Et tout .. Et Tout …

    Mauvais gag!
    Stress + trop bonne cuisine …
    Et ben ça déclenche un diabète type 2
    Même si on ne mage pas « sucré » … Il y a des tonnes de « sucres » cachés!
    Et ça tombe en ce moment!
    Adieu « bonnes chères » de fin d’année … Pour moi …
    Pas pour Janine heureusement…
    On vous bise
    Janine et Bruno

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  3. Bonjour, moi je suis étudiente et en se monment ben en étudie sur le diabète moi et deux autre copines et j’aimerais en savoir plus sur le diabète en polynésie francaise sur le diabète de types 1 et 2. Je trouve que c’est bien d’en parler sur le net et que ben sa serais mieux d’en faire un forum merci à vous.

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  4. Si ça peux t’aider…

    SITUATION A LA REUNION
    · L’étude REDIA (Réunion-Diabète), réalisée en 1999-2001, a
    permis d’établir une prévalence du diabète dans la population
    réunionnaise de 30-69 ans à 18% (11% de diabétiques connus et 7%
    de diabétiques dépistés), soit un taux estimé de 10% en population
    générale [12]. Une nouvelle actualisation est prévue prochainement
    grâce à une nouvelle enquête « REDIA 2 ».
    · Le nombre de décès liés au diabète continue de croître sur la
    période 2000-2002, surtout chez les femmes (+11% depuis 1999-
    2001 chez les femmes, et +3¨% chez les hommes). Le taux
    d’accroissement annuel moyen est d’environ 5% depuis 20 ans.
    · En 2002, avec 231 décès sur l’île, le diabète représente une
    part croissante dans la mortalité toutes causes confondues, soit 6%
    de l’ensemble des décès en 2002, le double de celle observée en
    1982.
    · Tous âges confondus, on constate une surmortalité féminine à
    La Réunion : 139 décès chez les femmes contre 92 chez les
    hommes (sex ratio F/H = 1,5).
    · Avec une tendance globale à la hausse, le taux de mortalité
    atteint 32 pour 100 000 habitants sur la période 2000-2002. On
    observe une surmortalité masculine par diabète avant 65 ans. Audelà
    de cet âge, les taux de mortalité féminins dépassent ceux des
    hommes, avec un écart maximum après 85 ans.
    · Sur la période 2001 à 2003, le diabète est à l’origine de 2 424
    admissions en affections de longue durée. Ce nombre a progressé
    de 40% depuis la période 1993-1995 (+49% chez les hommes et
    +33% chez les femmes). L’augmentation a été maximale dans la
    tranche d’âge des 45-74 ans (+52%). Le diabète représente ainsi le
    2ème motif d’admission en ALD, juste derrière les maladies
    cardiovasculaires.
    · Le diabète représente environ 80% des décès par maladie
    endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques. En 2001, ces
    maladies sont responsables de 3 fois plus de décès à La Réunion
    qu’en métropole, à structure d’âge comparable (3 fois plus chez les
    femmes, contre 2 fois plus chez les hommes). On observe également
    une surmortalité réunionnaise par rapport aux autres DOM (indice de
    surmortalité multiplié par 2 quel que soit le sexe et le DOM
    considéré).
    · 42 033 recours hospitaliers étaient dus au diabète en 2003, soit
    une part de 8% parmi l’ensemble des recours aux établissements de
    soins. On estime qu’à l’horizon 2010, le diabète représenterait
    environ 45 604 recours, soit une progression de 45%.
    L’augmentation serait maximale entre 45 et 60 ans (+ de 60%).
    Les différentes données épidémiologiques présentées sont
    cohérentes avec la forte prévalence du diabète sur l’île. La Réunion
    apparaît en surmortalité et surmorbidité par rapport à la métropole et
    autres DOM-TOM.

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  5. ce qui est édifiant c’est que cet article date de 2006 et que depuis rien n’a été fait, les roulottes aux abords des écoles qui engraissent les enfants de sandwichs hachis frites et de pizzas et les saoulent de calories en canettes poursuivent leur commerce sur le dos de la santé publique ! Mais bon les élus de ce territoire ne peuvent pas tout faire, gérer leur plan de carrière et penser à la santé des enfants.

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