Meurtres sur ordonnance

A l’heure où les biens pensants dénoncent les effets néfastes sur la santé du tabac, de l’alcool, mais aussi de l’abus de sucre, de graisses… A l’heure où l’on préconise la méfiance sur l’origine des viandes, des légumes génétiquement modifiés et même du lait de vache… Les scandales des médicaments qui tuent, passent quasiment inaperçus. C’est dingue.

Lorsque l’on se rend chez le médecin, c’est pour aller mieux. Si l’on prend les médicaments prescrits c’est pour guérir. Contrairement aux paquets de cigarettes et aux bouteilles d’alcool qui contiennent un message clair : « fumer tue », « à consommer avec modération », les boîtes de médicaments ne contiennent qu’une liste d’effets secondaires possibles… Et pourtant, certains ont de graves conséquences sur la santé.

La pharmacovigilance (surveillance des effets secondaires) fait partie des mesures indispensables à la régulation de ce marché. L’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS) est en charge de la pharmacovigilance sur le territoire français. Malgré de nombreuses réglementations, il semble que tout danger ne soit pas pour autant écarté. Des affaires telles que celle du Staltor® en sont la preuve. Ce qui reste incompréhensible, c’est le temps qui s’écoule entre l’alerte d’un risque pour la santé et le retrait effectif du médicament de la vente. Le principe de précaution est long à la détente en matière de santé publique… Ce qui arrange bien les laboratoires. Business is business… Voici qlq exemples édifiants sur les dangers de la commercialisation tout azimut de certains médicaments…

Les médicaments anticholestérol

Cette semaine, le Parisien a rédigé un article sur un rapport qui met en cause un laboratoire allemand dans l’affaire des médicaments anticholestérol. Le Cholstat et le Staltor ont été retirés du marché en 2001. Dans ce document, remis à un juge d’instruction et cité vendredi par « Le Parisien », un expert, le docteur Marc Girard, accuse Bayer de « dissimulation » et de « volonté de tromper » dans ses études sur les avantages et les risques des médicaments avant leur commercialisation en Europe. Les effets secondaires seraient apparus dès 1991: « il s’agissait d’une maladie dangereuse, la rhabdomyolyse, qui tue les cellules des muscles », selon « Le Parisien ». « L’alerte a été éludée par les chercheurs de Bayer », écrit l’expert dans son rapport. Dix ans plus tard, en août 2001, les deux médicaments sont retirés du marché mondial après le décès de 52 patients atteints par cette maladie. En France, l’Association de victimes de médicaments a recensé « 3000 dossiers ».

Il a un an, c’est une solution buvable le Pilosuryl qui était retirée de la vente par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. Une décision intervenue suite à l’apparition de trois cas graves d’insuffisance rénale aiguë et de coma suite à des prises excessives de ce médicament, ayant pour origine un des excipients (éther monoéthylique de diéthylène glycol) de cette spécialité.

Le coupe-faim intelligent

Rappelez-vous aussi, le cas de l’Isoméride (vendu aux U.S.A. sous le nom de Redux) ce médicament coupe faim pris par plus de 7 millions de français entre 1985 et 1997. Personnellement, j’ai pris ce médicament en juin 1988 pour perdre cinq kilos de trop (ils sont tj là!), la prescription n’a posé aucun problème, j’ai juste demandé à ma gynécologue d’essayer. Elle a signé l’ordonnance en me précisant que « pour obtenir des résultats il fallait prendre le traitement durant trois mois ». Pourtant, ce médicament avait pour vocation la lutte contre l’obésité sévère… Ce qui n’était pas mon cas. Bref, passons.

Peu après, lors d’un stage professionnel en milieu hospitalier, j’ai entendu deux médecins aborder le sujet. « C’est incroyable qu’Isoméride soit encore prescrit en France » disait l’un deux. Courageuse, mais pas téméraire, j’ai arrêté d’en prendre.
Ce médicament appelé le  » coupe faim intelligent  » agissait sur le système de régulation physiologique du poids et permettait de réduire, en particulier, la consommation des glucides ( féculents, aliments sucrés…). Dès les années 1985, de nombreux médecins experts et scientifiques, vont soupçonner l’Isoméride d’entraîner des complications pulmonaires graves, en particulier de l’Hypertension Artérielle Pulmonaire. L’Isoméride sera retiré de la vente en France le 17 Septembre 1997, après la découverte par l’Agence du Médicament de cas d’hypertension artérielle pulmonaire dès 1995 et d’anomalies des valves cardiaques en Juillet 1997. Une association de malades est constituée pour obtenir réparation.

Du même acabit, les risques de cancer du sein liés à la prise de certains médicaments (traitements hormonaux substitutifs) prescrits lors de la ménopause… Cette liste est hélas loin d’être exhaustive et je passe sur le scandale du sang contaminé, car ceci est une autre histoire…

CC

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15 réflexions au sujet de « Meurtres sur ordonnance »

  1. Et bien je dois dire que j’ai du soucis à me faire ! isoméride j’en ais pris pendant au moins 2 ans ! il y a 15 ans de cela. Traitement de trois mois à chaque fois et je n’avais que 5 ou 6 kilos à perdre !depuis le temps repris car maintenand bientôt en ménaupose ! et là je refuse depuis un ans de prendre leurs hormones à la con mon gynéco me demande à chaque visites tout les ans ! merci de me conforter dans le fait de maintenir ma position car malgrés les vertiges et autres désagréments je résiste encore !

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  2. salut, j’ai pris de l’isoméride, j’ai perdu qq kilos, repris depuis, et même davantage !
    à présent, j’ai de très grosses difficultés respiratoires, et de l’hyper tension qui m’inqiuètent vraiment, j’ai pris AUSSI le cholstat, et autres sibutral et xenical….
    on ne peut faire confiance à personne….je dois prendres tous les jours des cachets contre l’hypertension, à vie

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  3. bonjour
    eh bien en ce qui me concerne je peux dire que j’ai eu de la chance car l’isoméride coùtait assez cher si je me rappelle bien et je n’ai pu « m’offrir QUE 2 boîtes » ouf !!!!
    dans mon cas je me rappelle que je n’avais plus jamais faim moi qui était gourmande je ne pouvais pratiquement plus rien avaler

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  4. bonjour,
    moi aussi j’ai pris de l’isoméride pendant environ 2 ans et j’ai perdu 60 kilos je faisais 120 kilos depuis j’ai repris 20 kilos mais cela fait dix ans

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  5. heureusement, tous les patients qui ont pris de L’isoméride ne sont pas souffrants. Si tu es en bonne santé désormais, c’est l’essentiel. Il ne faut pas chercher la petite bête !

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  6. j’ai pris isomeride pendant une année. Deux ans après la première prise : une embolie pulmonaire et une pneumonie aggravée.Au bout d’un an on découvrait que cela m’avait ravivé une mucoviscideose latente.

    Depuis j’ai dû quitter la région parisienne pour m’installer dans le sud, loin de mes enfants, quitter mon emploi etc..

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  7. Quoi de plus abject qu’une entreprise pharmaceutique qui cherchant à semer le doute n’hésite pas à insinuer que toutes les victimes générées par leurs produits ont en fait absorbées une autre substance comme le fait Arkopharma avec l’isoméride dans sa recherche désespérée de boucs émissaires…

    Voyez plutot http://www.renaloo.com/forum/viewtopic.php?t=1665

    Dur dur pour les victimes qui doivent faire face à une organisation puissante et sans scrupules, et avec un record de produits foireux sur le marché de la santé.

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  8. Pourquoi te plein tu quon t’es filais ce medicament sans question entre nous on te l’aurrais pas prescrit tu aurrais tout fait pour l’avoir. Et ce ne sont pas non plus des produits miracle si tu fait pas une bonne diet et un peu de sport a coter t’es 5 kilos tu les perdras jamais car si ont veux ont peux…

    Ainssi que comme la loi, nul et sansser igoré qu’un medicament a toujours un effet secondaire (donc indesirable)

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  9. Il y a quelques années, j’ai pris Isoméride pendant trois mois sur prescription médcale, j’ai perdu 10 kilos, et sans aucun des effets secondaires possibles annoncés par mon médecin. Ce produit répondait parfaitement à mon problème de troubles de l’appétit liés à un état dépressif. J’ai donc du mal à comprendre qu’on crie « haro sur le baudet » à propos de ce médicament.

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  10. Vous savez Sylvie si nous étions tous égaux face à l’alimentation et à l’assimilation des médicaments ça ce saurait… certainement personnes ont des insuffisances. Concernant l’isoméride, il y a eu des morts et de nombreux cas d’hypertension artérielle pulmonaire, ce n’est pas un hasard, d’ailleurs le médicament a été retiré de la vente, ce n’est pas pour rien. J’ai pris aussi ce médicament et n’ai pas eu de complications, tout comme vous, mais nous sommes des exceptions.

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  11. bonjour,
    j’ai pris également de l’isoméride il y a plusieurs années. j’avais qqs kilos en trop. pour l’instant je me sens bien mais c’est vrai que tout cela m’inquiéte fortement.
    sab

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  12. bonjour sabine,
    j’ai moi aussi pris de l’Isoméride durant 1 mois et demi il y a dix sept ans et je n’ai pas de symptômes. J’ai eu certes une embolie pulmonaire il y a six ans mais apparemment liée à la consommation de tabac et de pilule contraceptive. Nous ne sommes pas tous égaux face à la maladie, ce qui explique pourquoi tous les usagers de l’Isoméride et du Médiator ne sont pas malades ! Portez vous bien !

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