Pour Sarah, Annabelle, Béatrice et les autres…

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Sarah ABITBOL a parlé, enfin. Ce secret si lourd est enfin révélé au grand jour. Elle fait la UNE des journaux, elle est invitée sur les plateaux télé. Le parquet de Paris vient d’ouvrir une enquête préliminaire pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs », suite aux révélations de la championne de patinage artistique dans un livre intitulé « Un si long silence ». Elle y accuse son ex-entraîneur Gilles BEYER. L’enquête tentera de retrouver d’autres victimes de ce prédateur sexuel présumé qui travaillait encore récemment avec des mineures. Et déjà, la parole se libère, d’autres patineuses témoignent c’est le cas de Laura Detante qui accuse également cet homme de viol, elle avait à l’époque des faits 13 ans.

Aux accusations de Sarah, il reconnaît du bout des lèvres -avec lesquelles il a sali le corps de l’adolescente- « des relations intimes inappropriées » ! Une blague ! Il aurait violenté, violé, arraché la jeune Sarah à l’insouciante de la jeunesse, la propulsant avec violence dans un monde d’adulte pervers, la réduisant à un jouet sexuel soumis à ses pulsions malsaines. Dans son livre, Sarah raconte, les visites nocturnes, les agressions sexuelles, les viols, puis le silence lourd, assourdissant lorsqu’il sortait de la chambrée pour rejoindre son épouse dans la chambre conjugale. Sarah 15 ans pleurait, Sarah souffrait, meurtrie, abîmée à jamais.

Sarah, Merci ! Oui merci pour toutes celles qui n’ont jamais osé briser l’omerta, pour protéger, un mari, des enfants, des amis, des parents. Merci pour toutes celles qui ont construit des vies bancales après avoir été violées par un oncle, un ami de la famille ou un ex-petit ami quitté. Merci pour elles, elles se reconnaîtront, nous les avons croisées loin d’ici, sous d’autres latitudes, elles sont devenues des amies. Autour d’un thé glacé à la terrasse d’un café ou d’une marguarita dans un restaurant mexicain, elles nous ont confié leurs histoires à nous journalistes. Qu’attendaient-elles de nous ? Que l’on dénonce, que l’on enquête ? Non, juste une écoute, neutre, bienveillante, juste une amie pas trop proche pour partager leur secret, pour alléger ce poids, et ne plus être seule à le porter. Elles ne témoigneront jamais à visage découvert. Elles n’en n’ont ni la force, ni l’envie. Trop de conséquences, des séismes épouvantables, leurs vies sont faites, c’est ainsi. Nous les avons écoutées, durant des heures. Nous avons pleuré avec elle et ri ensemble aussi. Mais jamais nous leur avons dit : « Il faut parler », « Il faut déposer plainte ». Non jamais, nous les avons respectées, nous avons respecté leur choix.

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