Incendie de Rouen : « Dormez, dormez, braves gens… »

Mais de qui se moque-t-on ? Comment des hautes autorités, des élus, des ministres même, peuvent en 2019 nous prendre à ce point pour des jambons ?

Hier, ces édiles étaient prêts à mettre au cachot, les vendeurs de e-liquides. Ils stigmatisaient sans retenue les vapoteurs au titre du sacro-saint principe de précaution de santé publique !!!! Suite – rappelons-le à six décès survenus aux USA liés à une mauvaise utilisation des « vapoteuses ». Par quel tour de magie, ces mêmes édiles confrontés à l’incendie d’une usine de produits chimiques classée SEVESO peuvent -ils tranquillement, ouvertement adopter une posture si outrageusement rassurante ? Non, il n’y a pas de risque pour la santé. Les fumées produites par la combustion de produits chimiques ne sont pas si toxiques. « Dormez, dormez, braves gens » semblait même chuchoter la Ministre de la Santé entête- sur les cendres de l’usine Lubrizol, tandis que les sapeurs-pompiers pataugeaient dans une boue plus que douteuse… L’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) évoquait du bout des lèvres, un risque « possible » d’émission de dioxines » lors de la combustion des produits chimiques stockés sur le site. De « possibles » émanations donc de dioxines, vous savez ces molécules invisibles -polluants organiques toxiques persistants dans l’environnement et hautement cancérigènes- qui se déposent sur les suies issues des panaches de fumée, ne seraient finalement pas si méchantes que cela…

Les risques sont faibles, puisqu’on vous le dit ! Soyez rassurés, il n’y a pas « d’inquiétudes particulières à avoir », assurait cette semaine le directeur de l’Ineris, Raymond Cointe lors d’une conférence de presse. « Ces polluants ont été mesurés à des niveaux relativement faibles » affirme-t-il encore. Alors, pourquoi s’inquiéter ?

Les jours passent et ne se ressemblent pas. Le ton change. Les affirmations rassurantes d’hier sont suspendues à des « analyses en cours », « des compléments d’enquête »… Les restrictions sanitaires concernant la consommation et la vente de lait, œufs, miel, poissons d’élevage et productions végétales issus des territoires où la présence de suie a été confirmée, n’a fait qu’accroître le malaise. Cette communication contradictoire inquiète les populations qui doutent. Ils étaient 2000 manifestants dans les rues de Rouen cette semaine dénonçant cette cacophonie.

Les sapeurs-pompiers présents sur le site ont évoqué une fumée jaune qui n’était pas identifiée, nombre d’entre eux se sont plaints de maux de tête, nausées, vomissements… Hier, lors du conférence de presse, le SDIS76 a indiqué que la transparence serait totale sur les résultats des analyses sanguines des agents. Nous y veillerons.

Heureusement, la bonne nouvelle est tombée hier. Le Sénat va enquêter, oui, d’ici deux ou trois mois on publiera de nouveaux résultats…  Et vous saurez peut-être Chers Rouennais et habitants des Hauts de France et du Pas de Calais ce que vous avez vraiment inhalé… Allez, quelques chiffres pour finir, l’usine Lubrizol fabriquait des additifs qui entrent dans la composition d’huiles pour le secteur de l’automobile (moteurs diesel et essence). 5000 tonnes de ces produits chimiques dont de nombreux solvants sont partie en fumées lors du -bien nommé- sinistre. Le jour même, 51 personnes ont été prises en charge médicalement. Une semaine après les faits, 224 personnes se sont rendues au urgences pour une « pathologie en lien avec l’incendie »… Huit ont été hospitalisées…

Cl. C. pour Parlonssante.com

Voir le détail des fiches produits sur le site de la Préfecture de Seine Maritime 

 

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