Claire F. a 24 ans, elle est infirmière diplômée depuis un an. Elle vit et travaille en France. Tous ses amis ou presque ont un lien avec le médical (manipulateur radio, psychologue, étudiant en pharmacie…). Pour mieux connaître ce métier, Claire a accepté de répondre à une interview. Voici son témoignage.
(Photo d’illustration)

« Je suis titulaire d’un baccalauréat scientifique et d’un DE d’infirmière. Après deux premières années de médecine, j’ai passé le concours pour rentrer à l’IFSI pendant mon redoublement médecine pour avoir quelque chose au cas où et je l’ai eu. En entrant à l’école d’infirmière, je me suis rendue compte que c’est ce métier que je voulais faire et pas médecin car le contact et le relationnel avec les patients y est beaucoup plus important. Je travaille dans un CHU en réanimation chirurgicale. Cela correspondant à un choix personnel, j’ai demandé à travailler en réanimation car c’est un service très intéressant et très formateur car très varié dans les pathologies ».

Pourriez- vous nous décrire une journée de travail type ?

« J’arrive au CHU à 21h, c’est le moment de la transmissions des informations avec les infirmières de jour. A 21h30, j’effectue un premier tour pour connaître les patients et vérifier les box (de nuit je m’occupe de 4 patients qui se trouvent chacun dans un box). Après dans notre service, il y a un bilan horaire de chaque patient : bilan respiratoire (fréquence respi et saturation) / bilan cardio (tension artérielle et pouls) / bilan uro (diurèse horaire) / surveillance de la clinique. Et il y a des bilans toutes les 4 heures pour tout ce qui est drainage et compensation. De 22h à 1h, change des patients avec l’aide soignante (travail en binôme très important la nuit) : préventions d’escarre, changes, changement de drap si besoin… Puis, il y a les soins infirmiers sur prescription (antibiotiques, diurétiques, sédatifs, prélèvements sanguins, pansements…) tout au long de la nuit.
A 5h, prélèvements sanguins de tous les patients (sauf ceux qui ne sont pas sédatés* et qui dorment) ».

Pourriez-vous qualifier les relations avec les médecins ? Comment se comportent-ils avec les infirmières ?

« Le service de réanimation est un peu particulier car nous travaillons beaucoup plus avec les médecins dans le sens où leur présence est plus importante en temps. Donc les relations avec les médecins sont plutôt bonnes. La majorité des médecins est agréable avec nous. L’ambiance est plutôt sympathique ».

Parlez nous de votre rémunération et du nombre d’heures que vous effectuées par jour ?

« Je travaille de nuit et travaille 10 heures par nuit (avec un rythme de 3 nuits de travail, 2 nuits de repos, 2 nuits de travail et 3 nuits de repos). Je travaille 32h30 par semaine (nombre d’heure diminué depuis le passage aux 35 heures). Au niveau du salaire, je gagne à peu près 1600 euros en travaillant deux dimanches et avec les primes de nuit ».

Arrivez-vous à évacuer les souffrances que certains patients déversent sur vous ?

«En réa, c’est particulier car la majorité des patients est sédatée, donc nous avons moins de relationnel. Les pathologies les plus traitées sont les polytraumatisés (après AVP, tentatives de suicide…) et les patients de chirurgie viscérale. Mon expérience la plus forte est négative pour l’instant. C’est le jour où on a annoncé à des parents que leur fils de 20 ans ne se réveillerait jamais, que son cerveau ne fonctionnait que pour la respiration, le fonctionnement cardiaque et la digestion. La douleur des parents fut très dure à recevoir. Généralement, nous accueillons les familles qui déversent leurs inquiétudes, nous recevons des cas particulièrement durs psychologiquement. Pour évacuer, il n’y a qu’une solution, c’est parler, avec ses collègues, avec des gens qui peuvent comprendre tout en laissant les problèmes à l’hôpital, sinon ça devient ingérable ».

Que pensez-vous de l’offre de soin en France, pensez-vous que les Français sont tous égaux par rapport à l’accès aux soins ?

« L’offre de soins est d’assez bonne qualité en France si l’on compare à d’autres pays. Mais les Français ne sont pas tous égaux au niveau de l’accès aux soins. Cela est lié à la fermeture d’hôpitaux de proximité, à la disparité du nombre de médecins suivant leur localisation (ville-campagne)…. Par rapport à ça, j’ai écrit un article dans un projet de propositions citoyennes : http://www.imagine2012.net/imagine_2012/2005/12/garantir_les_mm.html »

Si demain vous étiez nommée ministre de la Santé, quelles seraient les trois mesures prioritaires que vous prendriez ?
« Je vais reprendre ce que nous avons écrit sur Imagine 2012
– garantir les mêmes soins pour tous
– mieux recruter les professions médicales et para-médicales pour éviter des pénuries
– établir un contrôle de la qualité de travail des professionnels de santé ».

Quel est votre sentiment par rapport à l’euthanasie et aux récentes affaires ?

« Tout dépend de ce qu’on appelle euthanasie. Le débat est très difficile. C’est une question qui se pose beaucoup en réa et qui mérite beaucoup de réflexion. Où commence l’acharnement thérapeutique et où est la différence entre laisser mourir dans la dignité et l’euthanasie?? C’est une question qu’il faut se poser au cas par cas. Mais personnellement, je n’injecterais pas un produit pour tuer une personne (comme du potassium pour provoquer un arrêt cardiaque). Par contre, se limiter aux soins de confort et augmenter les doses de morphine, par exemple, pour laisser mourir les gens sans souffrance ne me poserait aucun problème. Aujourd’hui, on a de quoi aider les gens à mourir dignement ».

*Sédaté : être sous sédatifs.

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5 réflexions au sujet de «  »

  1. Relation soignant-soigné et bracelets d’identité

    Les groupes de réflexion de l’Espace Ethique AP-HP « Soin citoyen » et « Soignants et éthique au quotidien », se sont opposés à un projet d’identification des malades par des bracelets d’identité en 2000. Le succès de leur pétition et les réactions des infirmières ont amené le Directeur Général de l’AP-HP a faire stopper ce projet d’identifier systématiquement les patients hospitalisés à l’aide d’un bracelet comportant nom, prénom, date de naissance et numéro d’identification (étiquette informatisée). Voici le texte du modèle de lettre diffusé à l’époque, car le dossier semble refaire surface sept ans plus tard.

    Monsieur le Directeur général,

    Lors de sa réunion du 31 janvier 2000, les membres de la CCSSI (Commission Centrale du Service de Soins Infirmiers) de l’AP-HP ont été amenés à débattre d’un projet d’identification des malades par des bracelets d’identité.

    Le motif invoqué était la sécurité (du malade, ou de l’institution ?), la durée moyenne de séjour diminuant, tandis que le temps de présence d’un même soignant auprès d’un malade va lui aussi diminuer avec la mise en place des 35 heures. Les contraintes budgétaires actuelles entraînent déjà une plus grande flexibilité, avec le déplacement des agents dans d’autres services, l’emploi d’intérimaires, etc.

    Alors que l’on parle d’humanisation des hôpitaux, du droit des malades, de la dignité des personnes hospitalisées, nous sommes particulièrement choqués par un tel projet.

    Certes, cela peut être acceptable, au cas par cas, pour des personnes incapables de décliner leur identité (nourrissons, déments), sachant qu’il ne peut y avoir de catégorie particulière (une personne sénile ou un malade mental qui connait son nom n’a pas à subir ce genre d’humiliation), mais que des décisions d’équipe sur une personne donnée.

    Le cas des malades devant avoir une anesthésie générale, ou étant dans le coma, doit se résoudre par une organisation correcte du service, mais ne pose pas par nature le problème de l’identification.

    Lorsqu’une personne hospitalisée est capable de décliner son identité, lui demander de « s’étiqueter » revient à le nier en tant que personne, à lui faire quitter sa qualité de « sujet, objet de soins », pour en faire un « objet des soins ». Agir ainsi pose de réels problèmes éthiques, et va à l’encontre de la démarche soignante.

    En d’autres temps, porter une identification sur l’avant-bras justifia l’innommable, en destituant le visage humain, pour mieux nier l’humanité de la personne.

    A notre sens, la parole est le seul moyen correct pour s’assurer de l’identité d’un malade : marquer d’un bracelet vise-t-il à s’affranchir du dialogue ? Que devient la relation soignant-soigné dans un tel cadre ?

    A l’occasion d’une réunion extraordinaire, le 2 février 2000, les groupes de réflexion Miramion de l’espace Ethique de l’AP-HP « Soin citoyen » et « Soignants et éthique au quotidien » ont décidé d’agir au sein de l’institution pour arrêter ce projet.

    Nous vous demandons donc de bien vouloir mettre un terme au projet de doter les malades d’un bracelet d’identification.

    Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Directeur général, l’expression de notre considération.

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  2. Article sur LIBERATION.FR : lundi 7 janvier 2008
    http://www.liberation.fr/actualite/societe/302178.FR.php

    «Les jeunes infirmières s’en vont, c’est un vrai gâchis humain»

    Thierry Amouroux, président du syndicat national des professionnels infirmiers (CFE-CGC), demande une vraie reconnaissance des heures supplémentaires et des contraintes des infirmières. Le syndicat a déposé un préavis de grève le 24 janvier.

    La ministre de la Santé Roselyne Bachelot ouvre ce lundi une concertation avec les représentants des praticiens et personnels hospitaliers, qui protestent notamment contre le non-paiement de leurs heures supplémentaires. Entretien avec Thierry Amouroux, président du syndicat national des professionnels infirmiers (CFE-CGC) qui représente 8.000 infirmiers et a déposé un préavis de grève pour le 24 janvier.

    Quel est aujourd’hui le poids des heures supplémentaires sur le temps de travail d’un infirmier?
    Sur une année, on estime à 14 jours le temps d’heures supplémentaires non-payées mais reconnues, c’est-à-dire effectuées à la demande de l’administration. Demande que les infirmières ne peuvent pas refuser, puisqu’il faut bien qu’il y ait quelqu’un pour s’occuper des patients. Ce à quoi il faut ajouter les heures supplémentaires non-reconnues, au moins une demi-heure en plus par jour. Sur le papier, les infirmières sont aux 35 heures. Mais comme elles travaillent en flux tendu et en sous-effectif, elles sont obligées de rester un peu plus à la fin de leur service pour ne pas alourdir encore la charge de l’équipe qui prend le relais.

    Le problème des heures supplémentaires s’aggrave-t-il d’année en année ?
    Oui et non. Depuis quelques années, le chiffre des postes vacants est stable. En région parisienne par exemple, où la pénurie est particulièrement forte, l’APHP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) a besoin de 1200 postes supplémentaires. Mais en revanche la charge de travail augmente, avec le développement de l’hospitalisation à domicile qui a pour effet de laisser dans les hôpitaux uniquement les patients qui nécessitent des traitements lourds.
    Il faut donc faire de plus en plus de soins, alors même que le personnel est de moins en moins expérimenté: aujourd’hui les deux-tiers des infirmières ont moins de cinq ans d’activité, et l’autre tiers est à quelques années du départ à la retraite. D’ici 2015, 55% des infirmières partiront à la retraite. Quant aux nouvelles, en général elles restent quelques années à l’hôpital puis se reconvertissent ailleurs pour avoir de meilleures conditions de travail, généralement dans l’enseignement ou dans les métiers liées à la petite enfance. C’est un vrai gâchis humain.

    Qu’en est-il du problème du manque reconnaissance des contraintes ?
    C’est le deuxième point sur lequel nous attendons de vraies avancées. Les infirmières travaillent un week-end sur deux, mais la prime est de 45 euros seulement, alors que dans le privé, le salaire est doublé. De même pour le travail de nuit: la prime est d’un euro en plus de l’heure, c’est dérisoire. On ne demande pas l’aumône, mais la reconnaissance des conditions de travail du personnel soignant.

    La ministre de la Santé reçoit votre fédération demain mardi. Quelles sont vos revendications?
    Nous demandons d’abord le paiement des heures supplémentaires pour les infirmières qui le souhaitent, avec une majoration de 25%, comme dans le privé. Il faut ensuite que le travail du week-end et de nuit soit rémunéré à sa juste valeur. C’est la seule façon de rendre ce métier plus attractif et ainsi d’endiguer la pénurie de personnel.

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  3. Ne laissons pas brader les Heures Supplémentaires des infirmières !

    La réunion de négociation du 22 janvier entre le Ministère et les 8 syndicats représentatifs, sur la monétarisation des heures sup. des hospitaliers devait durer toute la journée, mais les participants se sont séparés dès la fin de matinée, les propositions du Ministère étant inacceptables.

    « Lorsque le Ministère nous a proposé de solder nos heures sup., nous pensions que par « solder », il entendait « résorber le stock » : aujourd’hui nous avons compris que par « solder » il voulait aussi dire « brader les prix » ! a déclaré Thierry Amouroux, le Président du SNPI CFE CGC.

    Yann Bubien, Conseiller Social de la Ministre, propose ainsi de payer les heures sup. sur la base d’un forfait de 11 euros brut.

    « Même si vous souhaitons un paiement calculé en fonction de l’indice de l’agent, on peut toujours discuter d’un montant en euros, mais il y a un principe de fond : nous ne pouvons pas admettre qu’à l’hôpital une heure sup. soit moins payée qu’une heure normale, alors qu’elle est majorée de 25 % dans le privé » s’indigne Thierry Amouroux.

    En effet, le montant brut d’une heure d’IDE est de 13 euros (soit moins 15 %) et celle d’un cadre infirmier de 16 euros (11 euros c’est donc moins 30 % !). Pour le coup, c’est travailler plus pour gagner moins ! Nous souhaiterions que notre Ministre applique les directives présidentielles !

    De même, pour la rémunération des jours mis dans un Compte Epargne Temps (CET), Yann Bubien nous a indiqué qu’ils seraient payés 80 euros en catégorie B (infirmière) et 125 euros en catégorie A (cadre de santé), dans la limite de 50 % des jours déposés par l’agent sur son CET.

    Là encore, s’il est normal que la rémunération d’une journée de travail tienne compte du niveau d’études et de responsabilités, comment comprendre qu’un médecin soit payé 300 euros par jour de RTT (selon l’accord du 15 janvier dernier), et une infirmière seulement 80 ? Notre niveau de reconnaissance est-il si faible ? Ce n’est pas une profession que l’on exerce pour l’argent, mais ce n’est pas du bénévolat non plus !

    En multipliant le montant brut d’une heure d’IDE (13 euros) par 7 heures, on obtient déjà 91 euros. Pour le Ministère, les soldes sont également ouvertes pour les CET des infirmières !

    Au-delà de l’aspect financier, il y a un problème de fond sur la « valeur » d’une journée de travail, et le niveau de non-reconnaissance de la profession infirmière.

    La dernière réunion de négociation est prévue le 29 octobre : vous n’avez que quelques jours pour vous faire entendre !

    Aussi, le SNPI CFE-CGC invite des personnels infirmiers à envoyer par mail ou par fax la pétition refusant que l’on brade ainsi notre diplôme
    Les coordonnées du ministère et texte de la pétition sont en téléchargement dans l’article :
    http://www.syndicat-infirmier.com/article.php3?id_article=484

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  4. Touche pas à mon décret !

    Le ministère se livre à une attaque sans précédent de notre profession : faire sauter le décret de compétence pour le remplacer par une « logique de mission » permettant toutes les dérives possibles.

    Lors de la conférence de presse du 16 avril 2008 de présentation de la recommandation sur « les conditions de nouvelles formes de coopération entre professionnels de santé », Laurent DEGOS président de la HAS et Yvon Berland (rapport sur les transferts de compétences) ont annoncé une « révolution » en ce qui concerne l’encadrement juridique des professions réglementées et particulièrement celle des infirmières : pour eux il faut « dépasser l’approche nécessairement restrictive d’une liste d’actes autorisés par profession pour évoluer vers une logique de mission ».

    En clair, cette soit disant révolution signe sans ambiguïté le démantèlement de notre profession au profit de « nouveaux métiers » moins formés et donc moins payés comme par exemple les assistants opératoires préconisés par monsieur Valencien pour remplacer les IBODE, ou les « assistants en gérontologie » nouvelle invention de la DHOS !

    La recommandation de la HAS propose de supprimer de l’article L 4161-1 du Code de la Santé Publique, le passage selon lequel les IDE pratiquent « des actes professionnels prévus dans la nomenclature fixée par arrêté » par la formule « leurs missions professionnelles dans les conditions définies par la loi ».

    Ces recommandations impliquent une perte d’importance des décrets d’actes, donc la disparition de toute référence à des actes techniques et du contour définit de l’exercice illégal de la profession d’infirmier. Le décret de compétence constitue le coeur de notre exercice : sa mise à l’écart rendrait possible toutes les dérives.

    Ce document de la Haute Autorité de Santé propose « d’éviter que la référence aux actes constitue le mode exclusif d’autorisation d’intervention des infirmiers » (p 33), souhaite la « perte d’importance du décret d’actes » (p 34).

    Abandonnant toute sa rigueur méthodologique, la HAS a traité ces transferts de compétences avec la plus grande désinvolture, signe de la considération qu’elle peut avoir pour notre profession. En effet, les recommandations de la HAS s’appuient :
    – sur une consultation publique de la HAS de 286 répondants anonymes…
    – sur des groupes d’experts choisi par la HAS, où les représentations infirmières sont cruellement absentes…
    – sur les conclusions des EGOS qui se sont passés des avis des infirmiers…

    Face à cette attaque sans précédent, la FNI, principal syndicat d’infirmières libérales, et le SNPI, qui représente les infirmières salariées, ont décidé de proposer une pétition commune : infirmières des secteurs publics, privés et libéraux, unissez vous dans un front commun !

    Le 5 juin, la FNI a réuni ses cadres militants à Brest, et le SNPI ses responsables de sections à Paris : tous repartent gonflés à bloc dans leurs départements pour se lancer dans la plus grande campagne jamais organisée. La FNI et le SNPI ont mis leurs moyens militants en commun pour lancer une pétition unitaire « en mettant le paquet » :
    – 50.000 brochures
    – 200.000 tracts

    Les infirmières des secteurs publics, privés et libéraux, s’unissent ainsi dans un front commun pour défendre ce qui représente l’ossature de notre profession.

    SIGNEZ ET FAITES SIGNER CETTE PETITION !
    PREVENEZ VOS COLLEGUES !

    FAITES CIRCULER LA PETITION SUR INTERNET :
    TOUTE LA PROFESSION DOIT SE MOBILISER !

    La pétition est en téléchargement sur :
    http://www.syndicat-infirmier.com/article.php3?id_article=586

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  5. l’appel ordinal pour défendre le décret d’actes infirmiers ===

    L’ONI a été créé pour défendre les usagers et la qualité des soins qui leurs sont dispensés : le niveau départemental étant aujourd’hui le seul opérationnel, la voix des élus départementaux doit se faire entendre. C’est le sens de l’appel du Conseil Départemental de Paris.

    Considérant que le rapport de la HAS sur « les conditions de nouvelles formes de coopération entre professionnels de santé » souhaite révolutionner l’encadrement juridique des professions réglementées (et particulièrement celle des infirmières) pour « dépasser l’approche nécessairement restrictive d’une liste d’actes autorisés par profession pour évoluer vers une logique de mission », et propose « d’éviter que la référence aux actes constitue le mode exclusif d’autorisation d’intervention des infirmiers » (p 33) en souhaitant la « perte d’importance du décret d’actes » (p 34), qui encadre et réglemente strictement les conditions d’exercice de notre profession, et garantit par là même au patient de recevoir des soins de qualité,

    Considérant que sur ce dossier la Haute Autorité de Santé (HAS) a abandonné sa rigueur méthodologique habituelle :
    – Consultation publique de la HAS de 286 répondants anonymes
    – Experts choisis par la HAS, où les représentations infirmières sont cruellement absentes
    – Experts chargés de valider au titre de la HAS des documents élaborés par eux-mêmes au titre de la DHOS
    – Etats Généraux de l’Organisation des Soins (EGOS) qui se sont passés des avis des infirmiers

    Considérant les propos tenus par le Cabinet de la Ministre, retranscris dans la dépêche APM (Agence de Presse Médicale) du 6 juin 2008, où le ministère de la santé confirme sa volonté de transformer le décret d’actes en décret décrivant les missions des infirmiers, ce qui supposerait une modification du code de la santé publique pouvant intervenir dans le cadre de la loi « santé, patients et territoires » qui sera présentée à l’automne,

    Considérant la publication en août 2005, de deux textes permettant la mise en œuvre des épreuves de vérification des connaissances des aides opératoires et aides instrumentistes, bénévoles ou indépendantes (décret n°2005-975 du 10/08/05 et son arrêté) pour régulariser la situation des chirurgiens du privé qui font tenir le rôle d’aide opératoire et aide instrumentiste à leur épouse ou à leur secrétaire pour des raisons financières, en lieu et place d’IBODE,

    Considérant les propos tenus lors de la journée nationale de la chirurgie organisée par la Fédération hospitalière de France (FHF) le 20 juin 2007, sur la réduction du nombre des IADE et IBODE, et la création de « techniciens de blocs opératoires » pour remplacer des IBODE, demande régulièrement reprise par les chirurgiens qui siègent dans les groupes de travail de ministère sur la VAE des IBODE et l’évolution des métiers hospitaliers,

    Considérant les propos tenus dans « Hôpitaux Magazine » d’octobre 2007 par la Conseillère technique à la DHOS (Direction de l’Hospitalisation et de l’Organisation des Soins) qui indique (page 26) « faut-il créer de nouveaux métiers dans le domaine de la santé ? La distance importante entre le niveau exigé pour les études médicales et celui des études des paramédicaux laisse envisager des niveaux intermédiaires, dans des domaines différents, qui permettraient de donner à des professionnels des compétences pour exercer des activités utiles aux personnes »,

    Considérant, pour le maintien à domicile des personnes, la création de métiers du social formés en quelques jours ou quelques semaines, mais néanmoins autorisés à distribuer des médicaments, sans qu’elles en aient les compétences, à l’exemple des auxiliaires de vie, (formation de 3 mois contre 3 ans et demi après le bac pour les Infirmiers),

    Considérant l’annonce du plan Alzheimer par la chargée de mission à la DHOS, le 27 mai 2008, lors d’Hôpital Expo, selon laquelle la DHOS préfère créer de nouveaux métiers pour assurer la coordination des soins et se doter « d’assistants de gérontologie », nouveau concept n’existant dans aucun pays européen.

    Considérant qu’il n’y a aucune urgence à modifier de manière précipitée (et aussi définitive) notre Décret d’acte, dont la dernière réactualisation date du 29 juillet 2004, à moins qu’il ne s’agisse de légiférer avant la mise en place effective de l’Ordre National des Infirmiers, l’élection du premier Conseil National de l’ONI étant programmée pour le 25 novembre 2008,

    Le Conseil Départemental de l’Ordre Infirmier de Paris :

    – condamne cette perte d’importance du décret d’actes, donc la disparition de toute référence à des actes techniques et du contour définit de l’exercice illégal de la profession d’infirmier, ce qui rendrait possible toutes les dérives, en permettant à ce que des personnes non qualifiées puissent désormais pratiquer des soins infirmiers.

    – dénonce cette volonté de créer de nouveaux métiers moins qualifiés et moins rémunérés pour des raisons uniquement comptables, au détriment de l’intérêt et de la sécurité du patient : brader ainsi les soins infirmiers n’est pas la meilleure solution pour concilier les impératifs d’économies de la santé, avec les droits du patient à se faire soigner par du personnel qualifié et de qualité.

    – estime que le ministère veut faire passer à la « va vite » une réforme qui menace directement l’exercice même de notre profession et par là même l’intérêt des patients, avant de laisser le temps à notre profession de s’organiser par elle-même, via la création du Conseil de l’Ordre des Infirmiers,

    – demande donc à la Ministre de retirer cette réforme de son projet de loi « Patients, Santé et territoire » (dite loi Bachelot), qui doit être soumis au vote du Parlement d’ici l’automne prochain,

    – invite des autres Conseils Départementaux de l’ONI à se prononcer sur cette réforme, à communiquer leur position, à intervenir auprès des parlementaires de leurs départements, et à écrire au Conseil d’Etat pour informer des dangers de cette mesure. L’ONI a été créé pour défendre les usagers et la qualité des soins qui leurs sont dispensés : le niveau départemental étant aujourd’hui le seul opérationnel, la voix des élus départementaux doit se faire entendre.

    – souhaite que les infirmières écrivent au ministère et à leurs parlementaires pour empécher la disparition de ce garde-fou qui interdit à des personnes non titulaires d’un diplôme d’infirmier de prodiguer des soins infirmiers, et garantit par là-même aux patients de recevoir des soins de qualité.

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