Grâce au carnet de santé, les vaccinations chez l’enfant sont bien suivies. D’autant plus qu’un certain nombre de vaccins sont obligatoires avant l’entrée à l’école. C’est à l’âge adulte que tout se complique. Le carnet de santé est souvent égaré et les rappels de vaccins oubliés. On prend ainsi le risque de contracter une maladie mortelle, notamment le tétanos.

Un grave problème de santé publique mondiale

Le ciel est clair et en ce bel après-midi d’automne, Jacques remet en état un petit portillon. Il s’affaire à appliquer le papier ponce sur le bois. D’un coup, il sursaute, une écharde vient de se loger dans le bout de son doigt. Ce petit incident est anodin si Jacques est à jour de ses vaccins. Dans le cas contraire, le risque de contraction du bacille Clostridium tetani (le tétanos) est grand. Le tétanos est une maladie grave et mortelle. Le tétanos demeure un grave problème de santé publique mondiale. Les nouveau-nés des pays en développement lui payent un lourd tribut. Seul le tétanos de l’adulte existe dans les pays développés.

«En France, le nombre très faible de cas (moins d’une centaine par an), est plus en rapport avec une excellente qualité de la prévention post-exposition qu’avec la couverture vaccinale* qui est chez l’adulte français déficiente et doit être améliorée, indique Alain Fisch, directeur du centre de vaccinations internationales (lire article sur les centres de vaccinations) du centre hospitalier de Villeneuve-Saint-Georges et chef de service des urgences. Chaque année, il y a une centaine de cas en France, 1/3 des patients décèdent, 1/3 a des séquelles neurologiques et 1/3 repart à peu près bien (en fait on n’a pas de connaissance de leur état de santé antérieur). On estime à environ 6 millions le nombre de Français qui n’ont pas de couverture vaccinale. Il s‘agit le plus souvent de populations à risques, comme les agriculteurs, les migrants en situation irrégulière et les marginaux.»

Une maladie inexcusable

Les causes les plus fréquentes d’infection sont dues à des travaux de jardinage, des piqûres de végétaux, des coupures avec des outils rouillés, mais aussi des morsures d’animaux. La durée d’incubation s’échelonne entre 4 et 30 jours. Les premiers symptômes sont des contractures au niveau de la mâchoire, puis du larynx, des convulsions et enfin le blocage des muscles respiratoires qui provoque une asphyxie.

Pour éviter de croiser la route de ce bacille, c’est assez simple : il faut se faire vacciner. En effet, depuis 50 ans, le tétanos peut être évité par une vaccination préventive et des rappels à date fixe. « Le tétanos, dont les premières descriptions datent de l’Antiquité, est une maladie à répartition mondiale, remarque le docteur Fisch. Son incidence est très variable en fonction du niveau de développement du pays et de l’âge des patients (sur 39 cas survenus en 1996, 80 % avaient plus de 70 ans et 62 % n’avaient pas reçu de vaccination complète). Cette maladie pourrait être totalement évitée par un programme de vaccination exhaustif et par l’amélioration des conditions d’hygiène. Le tétanos est une maladie évitable dans la majorité des cas et donc inexcusable.»

Le patient doit être hospitalisé en réanimation

Lorsqu’une personne arrive au service des urgences et qu’elle présente une plaie souillée, on vérifie si elle est bien vaccinée. Soit elle le sait et peut répondre au médecin, soit elle est dans l’incapacité de répondre et on lui pique le bout du doigt pour effectuer une analyse de sang. Quelle que soit la gravité du tétanos le patient doit être hospitalisé en service de réanimation. Le maintien de la liberté des voies respiratoires est une priorité. « En France, quand on est en bonne santé, on ne voit pas l’intérêt de se faire vacciner, déplore le docteur Fisch. Ce qui est regrettable. Il vaut mieux prévenir. En fait, les vaccins marchent bien avec les bébés et les personnes âgées, entre les deux… c’est plus flou. Prenez le personnel médical, seuls 20 à 25 % ont une bonne couverture vaccinale.»

Une immunité de dix ans

La vaccination antitétanique est effectuée en association avec le DTP (la diphtérie, la coqueluche, la poliomyélite) dès les premiers mois de la naissance. L’immunité que procure le vaccin n’est valable que dix ans. Si on oublie un “rappel”, il faut tout recommencer : deux injections à un mois d’intervalle, un rappel après un an, puis une piqûre de rappel tous les dix ans. Il n’y a pas de contre-indication à ce vaccin. Une prescription médicale est nécessaire pour la prise en charge des frais, l’achat s’effectue en pharmacie. Il est indispensable de conserver précieusement le certificat de vaccination.

C.C.

On conseille en France le calendrier vaccinal suivant : à partir de 3 mois, diphtérie, tétanos, coqueluche, poliomyélite invasives à haemophilus influenzae b. (DTC-Hib haemophilus influenzae type B), 3 injections à un mois d’intervalle. A partir de 15-18 mois : rappel DTC-Hib. A 5 et 6 ans : rappel DTP. Entre 11 et 13 ans : rappel DTP-coq. Entre 16 et 18 ans : 4e rappel DT. A partir de 18 ans : un rappel tous les 10 ans.

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4 réflexions au sujet de «  »

  1. je croyais que pour les « populations à risques », travaillant dans le monde du cheval, par exemple, contact quotidien avec le crottins, ou pour les ouvriers de la métallurgie travaillant la ferraille, le rappel devait se faire tous les cinq ans.
    merci de me répondre

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  2. Vous avez sûrement raison, nous ne sommes pas rentrés dans les détails des vaccinations préconisées pour les professions à risques. Vous devrez vous renseigner auprès du centre de vaccination près de chez vous !

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  3. Pour cristofini, le tetanos vient des excréments de cheval, qui, mis sous forme d’engrais, se retrouve ensuite dans la terre.
    Donc je suppose en effet que les gens qui font du cheval doivent faire particulièrement attention.
    Par contre j’ai entendu dire qu’il n’y avait pas d’immunité contre le tetanos. Savez-vous pourquoi ?

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  4. En effet, Jul974, vous avez raison. « Le tétanos est une toxi-infection aiguë grave, non contagieuse, souvent mortelle, due à une neurotoxine extrêmement puissante produite par un bacille anaérobie à Gram positif, le Clostridium tetani. Cette bactérie présente dans le tube digestif des animaux persiste dans les déjections animales et dans le sol sous forme de spors, elle est extrêmement résistante », explique l’Institut de veille sanitaire (InVs) : « La source étant tellurique et inépuisable, l’éradication du tétanos est impossible. Elle pénètre dans l’organisme via une plaie cutanée. Le tétanos ne se transmet pas de personne à personne, et les patients atteints de tétanos ne développent aucune immunité à la suite de l’infection, ainsi la seule prévention possible est la vaccination avec une politique de rappels bien conduite ». Toujours, selon l’InVs : « Compte tenu de la disponibilité depuis plus de cinquante ans d’un vaccin d’une innocuité et d’une efficacité parfaites, on ne devrait plus voir de tétanos en France », mais les adultes omettent trop souvent les rappels (tous les dix ans à l’âge adulte).
    Ce qu’il faut savoir c’est qu’après une période d’incubation de 4 à 21 jours, « une atteinte neuromusculaire avec contractures, spasmes musculaires et convulsions intervient… » Vous jardinez souvent ? Vous aimez les brocantes et manipulez souvent de la ferraille, des métaux rouillés ? Méfiance, allez voir votre médecin et faites une piqûre de rappel du tétanos, c’est une maladie mortelle !

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